jeudi 30 novembre 2006

Coût de l'immigration pour la France

Un article intéressant qui fait état d'un coût possible de 50 milliards d'euros annuels, avec chiffres et méthode, ici.


L'Islam n'a pas deux visages, par Anne-Marie Delcambre

"Pour ne pas avoir à accuser l’islam de violence et de terrorisme, les occidentaux non musulmans et certains musulmans occidentalisés ont inventé “l’islamisme”.

Idéologie politique et guerrière, l’islamisme n’aurait, selon eux, absolument rien à voir avec l’islam religion. En d’autres termes, il y aurait deux islams: l’islam éclairé, ouvert, pacifique, religion d’amour, de tolérance et de paix – et ce serait la religion pratiquée par la grosse majorité des musulmans qui ne demanderaient qu’à pratiquer leur religion dans la tranquillité – et l’autre islam -l’islamisme- obscurantiste, fermé sur lui-même, sectaire, fanatique, guerrier, un islam politique, déviant et malade et qui n’aurait rien à voir avec le premier, le vrai, le bon, le juste, le rayonnant, le modéré, le mystique, le frère du judaïsme et du christianisme, dont la haute spiritualité conduirait de nombreux non musulmans à se convertir.

Cette invention des “deux islams” est extrêmement pratique car elle rassure l’Occident non musulman sur la nature de l’islam. Malheureusement il s’agit là d’un énorme mensonge car il n’y a qu’un seul islam et il n’a pas deux visages mais un seul à facettes multiples. La facette mystique et la facette terroriste sont les deux extrêmes, mais de nombreuses facettes se situent entre ces deux facettes extrêmes et toutes ont toujours coexisté et s’abreuvent aux mêmes sources, le Coran, considéré comme la Parole de Dieu et la personne de Muhammad -Mahomet- qui constitue pour tous les musulmans, sans exception, le beau modèle à suivre, comme le prescrit le Coran. (Sourate 33, les Factions, verset 21 “Vous avez dans l’Apôtre d’Allah, un bel exemple (uswatun Hasanatun) pour quiconque espère en Allah et au Dernier Jour et invoque (dhakara) Allah fréquemment”)[Traduction Régis Blachère]."

La suite ici.

Autre lien

Supplique aux évêques de France pour le respect de la Vie

J'appelle tous les chrétiens et plus généralement les hommes de bien et de vertu à signer cette pétition ici :

Texte de la supplique

«Je pense que de nos jours le plus grand destructeur de la paix est l’avortement… Si nous acceptons qu’une mère puisse tuer son propre enfant, comment pouvons-nous dire aux autres de ne pas se tuer entre eux ?» (Mère Teresa).

«Oserais-je vous dire que je m’interroge souvent devant Dieu, sur les silences dont on pourra nous accuser dans quelques décennies ou siècles ?» (Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris).

«Au moment du vote de la loi en 1975, beaucoup ignorent que l’Eglise était de fait, favorable à cette mesure… S’ils (les évêques) s’y étaient vraiment déclarés hostiles, la loi ne serait pas passée. Simone Veil… me l’a d’ailleurs confirmé» (Professeur Nisand, Golias, décembre 2000).

«Je renouvelle avec vigueur mon appel à tous les hommes politiques afin qu’ils ne promulguent pas de lois qui, méconnaissant la dignité de la personne, minent à la racine, la vie même de la société civile » (Jean Paul II, Evangelium Vitæ).

«On ne peut penser qu’une société puisse combattre efficacement le crime quand elle le légalise elle-même dans le cadre de la vie naissante» (Benoît XVI, 16 septembre 2006).


Au printemps 2007, des élections présidentielle et législatives auront lieu en France. Par-delà les débats légitimes et les statistiques sur le chômage, l’insécurité, l’immigration… il nous semble qu’aucun chiffre n’est plus grave que celui des 200 000 avortements officiels annuels.

C’est pourquoi nous venons vous demander d’intervenir solennellement dans ces débats afin de rappeler que la défense de la culture de vie doit être le premier critère de choix pour un électeur catholique et qu’aucun élu catholique ne saurait cautionner des lois qui légalisent l’avortement, l’euthanasie, le clonage humain…

«Comment les députés catholiques peuvent-ils voter une telle loi ?» (cardinal Barbarin, 7 février 2004, à propos de la loi sur la bioéthique). Vos paroles seront d’un précieux secours pour tous ceux qui cherchent à vivre au quotidien «l’évangile de la vie» et œuvrent pour que ses valeurs inspirent les lois civiles.

Bien au-delà des aléas du combat électoral, le peuple chrétien vous sera reconnaissant d’avoir ainsi rappelé «à temps et à contre-temps» la loi de Dieu.

Chateaubriand et la politique, par Guy Berger

Chateaubriand est un de ces écrivains dont l'activité politique n'est pas négligeable. De par sa naissance et l'époque qui l'a vu naître, il n'est sans doute pas étonnant que la politique tienne une certaine place dans sa vie comme dans son oeuvre. Cependant il n'est pas si aisé de cerner un homme qui, s'il est a priori considéré comme étant du parti des royalistes - ce qui n'est pas faux non plus - n'en place pas moins la défense de la liberté ou des libertés à la première place de ses préoccupations. Il n'est toutefois pas inutile de préciser que quelqu'un comme Chateaubriand installe la liberté dans une filiation chrétienne et ne la pense pas dans le creuset jacobin comme le font trop de gens à notre époque.

Voici en tout cas un long article qui permet de mettre en perspective la vie politique de Chateaubriand et de rendre palpables certaines hésitations du grand écrivain, à la fois royaliste, indépendant, moderne mais pas moderniste et subjugué par les sirènes des Lumières.

Chateaubriand est le premier de nos grands écrivains qui, après avoir acquis une audience auprès du public par ses réussites littéraires, a exercé ensuite presque tous les métiers de la politique moderne, et ce de façon paisible, avec des succès renouvelés. Avant lui, bien sûr, d’autres écrivains avaient eu des «idées politiques », conseillé les princes ou participé à l’orchestration des passions politiques de leur temps. Il y a une «politique de Pascal » que l’on peut reconstituer à partir de quelques pensées, comme il y a une «politique de Corneille » présente dans son théâtre. Diderot rédigea les articles de doctrine de l’Encyclopédie et offrit ses avis à Catherine II. Rousseau fut non seulement l’auteur du Contrat social mais aussi le consultant des Polonais et des Corses insurgés. Au temps des guerres de religion, Ronsard et Agrippa d’Aubigné avaient déjà exprimé avec éloquence les aspirations et les fureurs des catholiques ou des protestants français. Mais sous l’Ancien régime, aucun écrivain n’avait eu à jouer un rôle politique. C’est en tant que grands seigneurs que le Cardinal de Retz et Saint-Simon avaient été des acteurs majeurs de la Fronde ou de la Régence qu’ils évoquèrent ensuite dans leurs Mémoires. Sous la Révolution, la plupart de ceux qui, comme Condorcet, Chamfort ou André Chénier, furent tentés par les mandats électifs, le militantisme ou le journalisme engagé y laissèrent la vie.

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mardi 28 novembre 2006

Assommons les pauvres !

A une époque où une philanthropie de bon ton infecte tous les niveaux de la vie politique et cela tout particulièrement dès qu'on se risque à s'aventurer sur les terres peu avenantes de la gauche, il ne paraît pas inutile de relire ce petit poème en prose - extrait du Spleen de Paris - de Baudelaire qui propose à son lecteur une "morale" bien éloignée des commisérations et autres pleurnicheries à la mode. Alors qu'on fait trop souvent l'éloge d'une société de l'assistanat dans laquelle le miséreux est placé sur un piédestal, qu'il soit le paresseux, le sdf, l'immigré et/ou le clandestin, on peut se demander si la charité ne consiste pas plutôt à encourager l'être humain à être fier de lui-même et à oeuvrer pour sa dignité propre. L'homme libre et digne est debout et non couché, travailleur et non asservi et dépendant de la main tendue d'autrui. Cela ne saurait bien entendu constituer une attaque contre la charité chrétienne qui est éminemment nécessaire mais contre un esprit de condescendance qui fait d'un constat un programme idéologique et politique qui ne peut aboutir qu'à entretenir l'homme dans une dépendance misérable vis-à-vis de l'Etat au lieu de lui ouvrir des perspectives en stimulant son ambition.

XLIX. Assommons les pauvres!

Pendant quinze jours je m'étais confiné dans ma chambre, et je m'étais entouré des livres à la mode dans ce temps-là (il y a seize ou dix-sept ans); je veux parler des livres où il est traité de l'art de rendre les peuples heureux, sages et riches, en vingt-quatre heures. J'avais donc digéré, - avalé, veux-je dire, toutes les élucubrations de tous ces entrepreneurs de bonheur public, - de ceux qui conseillent à tous les pauvres de se faire esclaves, et de ceux qui leur persuadent qu'ils sont tous des rois détrônés. - On ne trouvera pas surprenant que je fusse alors dans un état d'esprit avoisinant le vertige ou la stupidité.

Il m'avait semblé seulement que je sentais, confiné au fond de mon intellect, le germe obscur d'une idée supérieure à toutes les formules de bonne femme dont j'avais récemment parcouru le dictionnaire. Mais ce n'était que l'idée d'une idée, quelque chose d'infiniment vague.

Et je sortis avec une grande soif. Car le goût passionné des mauvaises lectures engendre un besoin proportionnel du grand air et des rafraîchissants.

Comme j'allais entrer dans un cabaret, un mendiant me tendit son chapeau, avec un de ces regards inoubliables qui culbuteraient les trônes, si l'esprit remuait la matière, et si l'oeil d'un magnétiseur faisait mûrir les raisins.

En même temps, j'entendis une voix qui chuchotait à mon oreille, une voix que je reconnus bien; c'était celle d'un bon Ange, ou d'un bon Démon, qui m'accompagne partout. Puisque Socrate avait son bon Démon, pourquoi n'aurais-je pas mon bon Ange, et pourquoi n'aurais-je pas l'honneur, comme Socrate, d'obtenir mon brevet de folie, signé du subtil Lélut et du bien avisé Baillarger?

Il existe cette différence entre le Démon de Socrate et le mien, que celui de Socrate ne se manifestait à lui que pour défendre, avertir, empêcher, et que le mien daigne conseiller, suggérer, persuader. Ce pauvre Socrate n'avait qu'un Démon prohibiteur; le mien est un grand affirmateur, le mien est un Démon d'action, un Démon de combat.

Or, sa voix me chuchotait ceci: "Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir."

Immédiatement, je sautai sur mon mendiant. D'un seul coup de poing, je lui bouchai un oeil, qui devint, en une seconde, gros comme une balle. Je cassai un de mes ongles à lui briser deux dents, et comme je ne me sentais pas assez fort, étant né délicat et m'étant peu exercé à la boxe, pour assommer rapidement ce vieillard, je le saisis d'une main par le collet de son habit, de l'autre, je l'empoignai à la gorge, et je me mis à lui secouer vigoureusement la tête contre un mur. Je dois avouer que j'avais préalablement inspecté les environs d'un coup d'oeil, et que j'avais vérifié que dans cette banlieue déserte je me trouvais, pour un assez long temps, hors de la portée de tout agent de police.

Ayant ensuite, par un coup de pied lancé dans le dos, assez énergique pour briser les omoplates, terrassé ce sexagénaire affaibli, je me saisis d'une grosse branche d'arbre qui traînait à terre, et je le battis avec l'énergie obstinée des cuisiniers qui veulent attendrir un beefteack.

Tout à coup, - ô miracle! ô jouissance du philosophe qui vérifie l'excellence de sa théorie! - je vis cette antique carcasse se retourner, se redresser avec une énergie que je n'aurais jamais soupçonnée dans une machine si singulièrement détraquée, et, avec un regard de haine qui me parut de bon augure , le malandrin décrépit se jeta sur moi, me pocha les deux yeux, me cassa quatre dents, et avec la même branche d'arbre me battit dru comme plâtre. - Par mon énergique médication, je lui avais donc rendu l'orgueil et la vie.

Alors, je lui fis force signes pour lui faire comprendre que je considérais la discussion comme finie, et me relevant avec la satisfaction d'un sophiste du Portique, je lui dis: "Monsieur, vous êtes mon égal! veuillez me faire l'honneur de partager avec moi ma bourse; et souvenez-vous, si vous êtes réellement philanthrope, qu'il faut appliquer à tous vos confrères, quand ils vous demanderont l'aumône, la théorie que j'ai eu la douleur d'essayer sur votre dos."

Il m'a bien juré qu'il avait compris ma théorie, et qu'il obéirait à mes conseils.

Qu'en dis-tu, citoyen Proudhon?

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris : Petits poèmes en prose (1869)

Programme présidentiel de l'Alliance royale



Pourquoi une candidature royaliste aux présidentielles ?

Notre mouvement politique veut reposer le problème institutionnel en participant à la vie politique du pays. L’élection présidentielle est l’élection phare. C’est elle qui permet le mieux de se faire connaître et de propulser les idées monarchiques dans le débat politique. Chaque point sera déjà une victoire. Nous voulons aussi, par l’élection présidentielle, souligner notre ambition d’accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat. Nous prenons date au plus tôt devant nos concitoyens sur un programme ambitieux : mettre en place des institutions politiques monarchiques et engager des réformes de la société favorables au bien commun.

Les valeurs royales

La dignité des personnes

Nous mettons au cœur de nos convictions la dignité de la personne humaine, de sa conception à sa mort, en considérant que tout homme a une vocation spirituelle et ne peut, de ce fait, se résumer à sa fonction sociale ou économique. Nous sommes particulièrement attentifs aux plus faibles, enfants, vieillards, malades, pauvres, exclus, dont la dignité doit être, pour cette raison, particulièrement protégée.

La famille

Cette dignité des personnes s’acquiert et se développe essentiellement au sein de la famille, qui constitue le cadre naturel dans lequel les enfants, avenir du pays, peuvent pleinement se construire et développer leurs vocations propres. L’institution royale est la mieux à même de porter et de développer ces valeurs, l’une des principales fonctions royales étant précisément d’exercer le rôle d’un chef de famille.

Le patrimoine

Selon cette conception, notre pays apparaîtra plus encore comme le patrimoine commun de tous les Français, constituant, particulièrement pour les plus démunis, un cadre politique familier, protecteur et pertinent, un environnement culturel et naturel. Nous sommes fiers de notre pays qui s’est forgé, pour l’essentiel, sous le règne de nos rois, contrairement à ce que prétendent les thèses républicaines. Nous aimons la France, avec son patrimoine humain et naturel si riche et si varié. Nous aurons à cœur de le préserver, de le développe, et de le transmettre aux générations futures comme nous l’avons nous mêmes reçu en héritage.

La liberté

La liberté fait partie de ce patrimoine. Ce sont les libertés concrètes des Français, de leurs familles, de leurs associations et entreprises, de leurs régions, et dont l’Etat ne devrait être que le serviteur. C’est aussi la liberté politique, qui se manifeste dans nos sociétés modernes par la représentation démocratique, mais qui ne peut exister vraiment que sous l’arbitrage impartial de l’institution monarchique. C’est enfin la liberté de la France elle-même, cette souveraineté si chèrement acquise par les générations qui nous ont précédés et qui nous permet de vivre en paix et de prospérer.

L’unité

Mais la France n’est pas un bloc monolithique comme le voudrait la république. Elle est faite de personnes, de corps sociaux et de régions aux particularismes variés, unis par une culture commune mais prompts à la querelle. Seule la royauté peut non seulement préserver leurs identités, mais en plus les réconcilier autour d’une personne quand la république les divise en partis et en idéologies. La solidarité, la cohésion, voilà la force d’une nation. La France a besoin de retrouver cette unité fondatrice qui lui permettra de faire face aux grands défis de ce siècle.

Un projet politique moderne pour la France qui rélève la tête

Refonder la société française

Il nous appartient à nous, Français d’aujourd’hui, de construire notre pays : son harmonie, sa prospérité et son avenir. Personne ne le fera à notre place. Il y va de notre bonheur, de celui de nos enfants, de celui des générations futures, et de tous ceux qui, de par le monde, aiment la France et lui font confiance.

Cette belle entreprise ne peut exister que si un certain nombre de conditions sont réalisées. Il faut un pays libre, respecté à l’extérieur comme à l’intérieur, uni et solidaire, politiquement stable et capable de transmettre à ses enfants son patrimoine culturel et naturel. Il faut un pays où les libertés publiques, la paix civile et la dignité des plus faibles sont protégées, où la loi et la justice sont indépendantes des pressions partisanes.

Ce sont nos intérêts les plus fondamentaux que nous résumons ainsi : la souveraineté, la cohésion et la continuité de la France.

Or la république est à contre sens. Elle laisse dilapider l’héritage culturel et humain des Français, elle les divise par des querelles idéologiques partisanes, elle ne donne plus d’espérance à nos enfants, elle prépare par son impéritie des jours sombres et risque finalement de tomber dans la dictature ou l’anarchie. La république est en faillite.

Voilà pourquoi, devant ce désastre, nous appelons une refondation politique, pour que le pouvoir politique puisse enfin mener des actions justes et durables, pleinement orientées vers le bien commun et la pérennité de notre pays. Bien entendu, cette refondation s’appuiera sur la réaffirmation de l’institution royale. Seule une monarchie peut permettre à la France de prospérer, de vivre en harmonie et de préparer son avenir, parce que le Roi est par nature délié des querelles partisanes, incontesté dans sa nomination et soucieux de transmettre intact son héritage.

Ainsi, le Roi devient le représentant de notre pays, une figure emblématique que nous appelons de tous nos vœux. Mais cela ne suffira pas. Sans prérogatives et sans moyens de les exercer, le Roi n’est pas un véritable souverain. C’est pourquoi nous voulons une réforme des institutions politiques ordonnées autour du principe monarchique. Nous les présentons dans ce programme.

Malheureusement, cela ne suffira toujours pas. La France est malade. Or il est nécessaire de créer un contexte favorable pour que les institutions trouvent leur assise, et pour que la société française s’oriente résolument dans la voie de l’avenir. La refondation politique ne fera donc pas l’économie de grandes réformes de la société, que nous présentons également.

Ainsi, notre programme politique aux élections présidentielles consiste à mettre en place progressivement cette refondation. Quand le temps sera venu, dans un processus qui impliquera nécessairement les Français, le Roi se substituera au Chef de l’Etat.

La royauté entre continuité et rupture

Nos propositions ne font pas table rase. La monarchie n’a d’ailleurs jamais rompu avec un contexte social et politique préexistant, ce qui lui a permis de perdurer sans heurts et d’évoluer au fil des siècles.

Voilà pourquoi l’Alliance veut repartir de constitution de la V° République, dont l’idée fondatrice était saine : restaurer l’autorité régalienne en la personne du président de la république, en finir avec le parlementarisme et, selon le mot de Robert Schumann, avec « les courants d’opinions de l’assemblée nationale ». Bien sûr, la V° République a échoué, avec son président qui n’est qu’un homme de parti, mais le système est en place. Nous insistons donc sur la continuité de nos propositions avec l’organisation politique telle que nous la connaissons aujourd’hui. Elles en retiennent ce qu’elles ont de meilleur, mais en leur donnant du sens : le Chef de l’État devient le Roi.

Nos propositions ne rompent pas non plus avec la démocratie, mode habituel de désignation des représentants dans nos sociétés modernes, mais elles soulignent la nécessité de représenter les Français de façon plus équitable.

A contrario, nos propositions sont bien en rupture avec la république, dans laquelle s’affrontent des partis politiques dans des querelles idéologiques et qui laisse à une administration incontrôlée la réalité du pouvoir. Nous nous prononçons en particulier pour une limitation drastique du pouvoir politique des partis que la philosophe Simone Weil qualifiait de « machines à fabriquer de la passion collective ».

Qui est le Roi ?

Qu’on se le dise : notre mouvement n’a pas pour vocation à désigner la personne du Roi. Cela ne se fera pas sans les Français. Nous voulons d’abord convaincre les Français sur la nécessité d’un Roi.

L’institution royale : principe et clef de voûte

A l’exemple de nombreuses monarchies européennes, nous estimons que la France a besoin de se retrouver dans une personne qui transcende les querelles partisanes et qui donne dans le monde l’image d’un pays uni. Le Roi est donc d’abord et fondamentalement le représentant de la France, en qui vise à se personnifier le pays.

Mais, le Roi est aussi le garant des intérêts fondamentaux de notre pays : sa liberté, son unité et sa continuité. Cela constitue le domaine régalien dans lequel il exerce son autorité.

La fonction royale dans le nouveau contexte institutionnel

Très concrètement, dans la réforme des institutions que nous proposons, le Roi est le principe et la clef de voûte :
- Chef de l’Etat, il nomme le premier ministre et fixe au gouvernement les orientations politiques d’intérêt régalien ;
- Chef de la diplomatie et des armées, il signe les traités et décide de l’engagement des forces militaires ;
- Chef de la magistrature, il est le recours juridictionnel suprême, nomme le Garde des Sceaux, arbitre les institutions et promulgue les lois.

D’une manière générale, le Roi intervient de plein droit dès que les intérêts régaliens sont en jeu, et dispose pour cela d’institutions régaliennes, le Haut conseil et le Ministère d’État, que nous décrivons dans ce programme.

En revanche, le Roi n’intervient pas de façon ordinaire dans la politique publique, qui relève de la représentation parlementaire et donc de la démocratie. Le domaine des affaires publiques concerne, dans les grandes lignes, le service public, la politique civile et les grands projets de développement, et constitue l’essentiel de la vie politique ordinaire.

Il est urgent de faire cette distinction entre régalien et public, ce que la république est incapable de comprendre. Lorsqu’on lui parle de « pouvoir régalien » ou de « domaine public », elle entend toujours la même chose « l’appareil de l’État ». C’est ce qui la rend totalitaire.

Quelles institutions pour la France ?

Si le Roi exerce son autorité régalienne, il laisse au Premier ministre, entouré de ministres compétents, le soin de gouverner.

Le Gouvernement

Comme dans l’actuelle constitution, le Gouvernement définit et conduit la politique de la France au niveau national ;

- Il présente sa politique générale au Parlement, lui soumet ses projets de loi et son budget ;
- Il relève exclusivement du Roi dans son domaine de compétence régalienne, de qui il reçoit ses directives ;
- Le Premier ministre, nommé par le Roi, dirige l’action du Gouvernement. Il désigne les ministres, sauf le Garde des Sceaux et le Ministre d’État, nommés par le Roi.

La politique du Gouvernement est à la fois régalienne et publique, ces deux domaines, bien que distincts, étant étroitement imbriqués. Cependant, la politique du Gouvernement ne peut être censurée par le Parlement que dans le domaine de compétence de ce dernier, c’est-à-dire exclusivement celui de la politique publique. C’est une différence importante entre la monarchie et la république. Les ministres, les députés et les partis républicains, sous prétexte qu’ils sont soit-disant « représentants de la Nation », s’estiment compétents pour traiter des affaires régaliennes. La république met ainsi aux enchères électorales les intérêts fondamentaux de la France.

Voilà pourquoi nous proposons que le gouvernement soumette sa politique régalienne au Roi, seul capable de la censurer pour ce qui relève de sa compétence : la souveraineté, la cohésion et la continuité de la France.

Bien sûr, en juste retour, le Parlement est capable d’infléchir la politique régalienne ne serait-ce que par le vote du budget. Il serait en effet injuste, voir impossible, de dépenser les deniers des Français, même en politique régalienne, sans prendre la peine de les convaincre, et avec eux le Parlement qui les représente. La politique régalienne coûte cher, en particulier les investissements et les opérations militaires. Là aussi, la république fausse le jeu, puisque, toujours en campagne électorale, ses gouvernants, y compris le Chef de l’État, sacrifient dans les budgets l’intérêt électoral à court terme.

Le Ministère d’État

Le Ministère d’État est une instance à créer. Il répond à un besoin urgent de coordonner les actions stratégiques.
- Ministère de mission, il planifie et conduit la politique stratégique de la France. Il agit sous l’autorité du gouvernement ;
- à sa tête, le ministre d’État, nommé par le Roi, participe aux travaux du gouvernement ;
- il assiste le Roi dans ses décisions de chef des armées et de chef de la diplomatie ;
- ilpeut être saisi directement par lui pour toute question d’ordre stratégique.

C’est par la stratégie que l’on assure la souveraineté de la France, c’est-à-dire sa liberté face aux pressions, menaces et chantages. C’est par la stratégie que l’on fait face à la nouvelle donne géopolitique du XXIème siècle. C’est par la stratégie que l’on choisit et conclut des Alliances, parce que, qu’on le veuille ou non, aucun pays n’est jamais indépendant.

La stratégie comporte trois volets essentiels : assurer les approvisionnements stratégiques en provenance de l’intérieur comme de l’extérieur, en particulier l’énergie, les matières premières et les produits alimentaires, préserver des débouchés commerciaux pour les secteurs économiques considérés comme essentiels pour l’emploi, le maintien des savoir-faire ou la prospérité économique, et garantir la sécurité nationale, celle des institutions, du territoire, des frontières, des installations et ressortissants à l’étranger, et des approvisionnements.

Ainsi, le ministère d’État intervient non seulement dans le domaine militaire et diplomatique, mais en général dans tout ce qui intéresse la souveraineté nationale : industrie, transport, etc.

Or la stratégie est une grande perdante de la république.

Tout le monde sait bien qu’elle est de plus en plus complexe : la question énergétique, par exemple, concerne l’industrie, la logistique, les forces armées, la police, la diplomatie, la recherche, la formation professionnelle, les finances, etc. Mais elle est menée en ordre dispersé, dans des directions et des cabinets ministériels éparpillés.

En créant le Ministère d’État, nous voulons redonner à la France une véritable capacité stratégique.

Il va sans dire que cela n’a pas de sens en république. La stratégie demande une vision à long terme, parfois sur plusieurs générations. Aucun gouvernant de la république ne prendra les problèmes à bras le corps s’il n’y voit pas un intérêt électoral à court terme. Songeons simplement qu’il y aura au moins cinq mandats présidentiels d’ici la grande crise mondiale du pétrole ! Sans parler bien sûr de l’environnement !

Le Haut conseil

Le Haut conseil est aussi une instance à créer. Il répond à la nécessité de donner au Roi une institution qui lui soit propre.
- Le Haut conseil est une cour de haute justice. Il instruit et juge au nom du Roi les affaires relevant de la justice régalienne. Il prépare les décisions juridictionnelles du Roi, en particulier la grâce royale.
- Le Haut conseil est une chancellerie. Il relit les lois selon les intérêts fondamentaux de la France, et en prépare la promulgation par le Roi. Il prépare la signature des traités et des engagements militaires par le Roi.
- Le Haut conseil assiste le Roi dans les orientations régaliennes qu’il pourra donner au Gouvernement dans tous les domaines relevant de sa compétence.
- Les membres du Haut conseil sont nommés par le Roi.
- Le Garde des Sceaux préside le Haut Conseil. Ministre de la Justice, il participe aux travaux du gouvernement. En cas d’incapacité du Roi, il assure la continuité de l’autorité régalienne.
- Le Conseil de la magistrature est placé sous la tutelle du Haut Conseil afin de garantir l’indépendance des magistrats.

Le Haut Conseil est l’institution régalienne par excellence. Il est bien entendu amené à suivre les affaires stratégiques puisqu’il prépare la ratification des traités par le Roi. Mais, à la fois cour de justice, chancellerie, et conseil privé du Roi, il répond, de part sa nature, au besoin d’instruire les affaires et de relire les lois qui concernent en premier chef la cohésion nationale, la préservation du patrimoine et le fonctionnement des institutions.

Il se trouve que la question de la cohésion nationale est, dans notre république, aussi préoccupante que celle de la souveraineté. La cohésion fait la force des nations. Or la république est, par nature, un système qui divise par les querelles idéologiques entre partis, et qui n’envisage la cohésion nationale que comme une adhésion idéologique à des « valeurs » qui ne cessent d’évoluer au fil du temps. Mais un pays est vraiment solidaire et uni lorsque ses membres ont le sentiment d’appartenir au même corps, auquel ils apportent ce qu’ils peuvent, et dont ils attendent en retour la protection et le respect. Il n’y a pas de cohésion sans identité culturelle. Il n’y a pas non plus de cohésion sans paix civile. Il n’y a pas enfin de cohésion sans respect de la dignité et de la liberté des personnes, et en particulier des plus faibles que sont les handicapés, les enfants non désirés et les vieillards, dont la société actuelle se débarrasse si facilement. Par ailleurs, la continuité de la France, et en particulier la transmission de son patrimoine, est tout aussi préoccupante. La république est par nature un système qui dilapide, et qui choisira toujours le succès électoral au détriment de la préservation du patrimoine culturel et naturel de la France.

Quant au fonctionnement des institutions, il y a aujourd’hui un vide. Les « affaires d’État » sont laissées à la diligence de magistrats livrés à eux-mêmes, lesquels subissent pourtant des pressions de toutes sortes, en particulier lorsque des intérêts partisans sont en jeu et que le débat s’enflamme à l’Assemblée nationale.

Le Haut Conseil est là pour redonner de la sagesse dans notre pays, et dégager des passions partisanes et des jeux électoraux les intérêts fondamentaux de notre pays que son sa souveraineté, sa cohésion et sa continuité.

Le Parlement

Nous proposons une réforme fondamental du Parlement.

L’Assemblée nationale représente les corps sociaux et les collectivités locales :
- quatre collèges (salariés, entrepreneurs, collectivités, familles) élisent chacun un député par département, devenu la circonscription électorale ;
- ces députés sont élus sur le mode du mandat impératif. Ils siègent à la fois au conseil régional et à l’Assemblée national afin d’assurer la continuité de la représentation publique ;
- les sénateurs, quant à eux, sont élus au suffrage universel proportionnel, afin de représenter les principales tendances idéologiques de la France ;
- comme dans l’actuelle constitution, le Parlement vote les lois, examine et éventuellement censure l’action du gouvernement, mais il ne le fait que dans le domaine de la politique publique ;
- le rapport entre les deux chambres, prévu par la Constitution de la Ve République, est maintenu.

Nous comptons mettre en place cette réforme du mode de désignation du corps législatif, afin de pratiquer ce que nous appelons, la démocratie équitable. Pour faire face à l’actuelle non-représentativité de l’assemblée nationale (4 fois plus de fonctionnaires que dans l’ensemble de la société, 3 fois moins d’employés, 10 fois moins d’ouvriers non qualifiés, pas de familles représentées), et pour mettre fin au régime idéologique des partis, nous voulons que la représentation des grands corps constitutifs de la nation soit assurée en priorité. Nous avons retenus quatre collèges électoraux qui, pour nous, représentent le mieux l’ensemble de la société française : celui des salariés, celui regroupant les entrepreneurs, les commerçants et les professions libérales, celui des collectivités locales, et enfin celui des familles.

Par son mandat impératif, chaque député sera le représentant du collège de son département et sera personnellement responsable des intérêts de ce collège auprès de la région et auprès du Premier ministre et du Roi. Les députés ne seront plus les représentants de concepts abstraits (élus de la « Nation ») mais de réalités concrètes. Nous mettons ainsi un terme à la déresponsabilisation de la représentation parlementaire.

Mais, par ce système, nous cassons aussi le régime des partis : les députés devront avant tout répondre de leurs actes devant des électeurs et non pas devant les consignes d’un hypothétique parti. D’ailleurs, ceux-ci pourront difficilement se recréer à l’assemblée, car les députés siégeront par régions et par collèges, quelle que soit leur idéologie.

Par cette réforme, nous rendons les députés au peuple, nous recentrons l’assemblée nationale vers les problèmes concrets de tous les jours, et nous assurons une représentation plus juste et équitable du peuple. Nous réalisons un vieux rêve royal : donner une représentation réelle au peuple de France.

Les collectivités territoriales

Une réforme des collectivités territoriales est menée en profondeur.
- les communes, échelons de politique de proximité, sont regroupées en « pays » et en « métropoles » selon leurs dispositions naturelles ;
- les conseils généraux sont supprimés. Les départements conservent un rôle préfectoral et électoral ;
- afin d’assurer la cohérence du pouvoir entre les différents échelons, les députés des départements siègent à l’Assemblée nationale et au Conseil régional ;
- les municipalités et les conseils régionaux deviennent des entités politiques réelles, et disposent des pouvoirs exécutifs, réglementaires, judiciaires et fiscaux correspondant à leur compétence ;
- les compétences des communes, des régions et de l’Assemblée nationale sont débattues à l’Assemblée, qui représente équitablement et de façon homogène tous les échelons, selon le principe de subsidiarité ; Les échelons supérieurs assurent la cohérence d’ensemble.

Nous estimons que la réforme territoriale est cruciale et urgente. La République nous donne le spectacle d’une organisation politique territoriale désastreuse. Les régions ne représentent rien. Les Français ne les considèrent même pas, et la République, qui a voulu uniformiser la France, ne s’en plaindra pas. Les régions n’ont guère d’autonomie que dans des domaines très stricts, en général liés aux infrastructures, et fixés de façon autoritaire par l’État. Ce ne sont pas de véritables pouvoirs politiques. Quant aux conseils régionaux ils servent de base arrière aux partis politiques pour les personnalités « en attente ».

Les départements sont à bien des égards redondants avec les régions et les communes. Trop petits pour mener une politique régionale, en particulier économique ou culturelle, ils sont trop grands pour mener une politique de proximité. Le vrai patron du département, c’est le préfet.

Les communes sont complètement disparates. Certaines ont la population d’un petit immeuble parisien. Leurs maires sont complètement à la merci des subventions. Leurs responsabilités sont démesurées par rapport à leurs moyens. Ce sont pourtant elles qui peuvent mener un vraie politique sociale de proximité.

Au total, c’est l’État qui contrôle tout. Il déconcentre, il décentralise un peu, mais il ne donne pas aux collectivités territoriales l’autonomie dont elles ont besoin. Sa bureaucratie est tentaculaire.

Nous voulons renverser la logique de la décentralisation, repartir du bas, des corps sociaux, des démocraties locales, et bâtir un édifice qui soit cohérent et homogène, et dont le Parlement n’est au bout du compte, que le point culminant.. Cela n’est bien entendu possible que parce qu’à la tête de la France se trouve un Roi qui garantira par sa présence, et avec l’aide du Haut Conseil, l’unité de la France et le fonctionnement des institutions.

Quelles grandes réformes de société ?

Au-delà des cette refondation des institutions politiques, nous demandons des réformes profondes dans le fonctionnement de la société, afin de donner à notre pays une base solide pour prospérer, développer son harmonie et préparer son avenir.

Sans ce type de réforme, la France continuera à errer de paradoxes en paradoxes, laissant la place à de multiples dysfonctionnement et privilèges :
- paradoxe d’une fonction publique qui conserve ses privilèges mais en oublie ses devoirs ;
- paradoxe d’une armée représentant la France en armes mais qui n’est plus qu’un service de l’État ;
- paradoxe d’une famille à qui l’on demande tant mais à qui on donne si peu ;
- paradoxe d’un système d’aide sociale fondé sur l’emploi et non sur la justice ;
- paradoxe d’une citoyenneté ballottée entre le droit du sol et l’adhésion idéologique.

Nous présentons donc dans ce programme cinq réformes de la société.

La réforme de la fonction publique

La fonction publique est sortie de son rôle. Elle est devenue un État dans l’État au lieu d’être le serviteur de tous. Elle abrite des privilèges considérables qui sont une atteinte grave à la justice, mettent en péril la cohésion nationale et contribuent à dégrader l’efficacité de l’administration, malgré les efforts désespérés de certains de ses membres.

Nous voulons donc revenir sur cette notion se « serviteur de l’État » en engageant une réforme profonde de la fonction publique.
- la notion de « corps de l’État » est redéfinie ; le nombre des corps ainsi constitués est limité : police, magistrature, etc., chacun d’entre eux bénéficiant d’une autonomie de gestion ;
- pour les fonctionnaires relevant des corps de l’État, le droit de grève et le droit d’association politique et syndicale sont supprimés, la mobilité est généralisée, mais la sécurité de l’emploi et les régimes de retraites particuliers sont maintenus ;
- sauf leur appartenance aux corps de l’État, les agents employés par les différentes administrations publiques acquièrent progressivement un statut d’employé de l’État.

La réforme de la fonction militaire

Les hommes libres se défendent eux-mêmes. Or ni l’armée de conscription ni l’armée dite « de métier » ne répondent à cet adage.

L’emploi d’une armée de conscription, à côté d’indéniables vertus sociales, était parfaitement justifié lorsque le maintien sous les drapeaux de forces humaines nombreuses apparaissait indispensable. Mal adapté au contexte international et aux besoins militaires actuels, facilement rendu absurde dans l’extrême de sa logique, ce concept ne peut raisonnablement être maintenu.

Au contraire, l’armée « professionnelle » confisque aux citoyens la liberté de porter les armes, pour les donner exclusivement à des contractuels de l’État. En outre, elle ne permet pas de mettre sur pied des effectifs suffisants pour faire face à une situation de crise grave, en particulier dans le cadre de la défense opérationnelle du territoire. Il est inquiétant de considérer, à cet égard, que le scénario d’un conflit intérieur, sous forme d’insurrection armée ou d’actions terroristes de grande envergure, nécessitant l’emploi d’une quantité d’hommes importante, n’est aujourd’hui même plus considéré, alors que cet « oubli » peut avoir à l’avenir les plus graves conséquences.

L’armée est passée d’une conception jacobine, la circonscription, à une conception purement utilitaire, l’armée dite « professionnelle ».

Nous proposons donc le volontariat comme mode de recrutement :
- une formation militaire de base de quelques mois (des « classes ») est rendue obligatoire pour tous les hommes reconnus aptes ;
- les unités d’active et de réserve sont constituées de volontaires recrutés pendant la formation initiale.

Cette réforme de la fonction militaire permet de maintenir sous les drapeaux une armée compétente et motivée, au volume adapté au besoin. Elle permet en outre de conserver le lien armée-nation, les vertus sociales de la conscription, et la possibilité de monter en puissance rapidement pour faire face à une situation grave.

Le renforcement de l’institution de la famille

La famille est la cellule fondamentale de la société.

La famille permet, bien entendu, d’accueillir des enfants, naturellement ou par adoption, et de les éduquer, mais elle contribue également de manière nécessaire à l’épaississement de chaque personne prise individuellement. Elle s’appuie sur l’institution naturelle du mariage, seule susceptible de lui donner le caractère de stabilité qui lui est indispensable et sans lequel elle perd une partie de son sens.

Par ailleurs, l’implication de la famille, et en particulier des parents, est nécessaire en matière de politique publique, car un très grand nombre de sujets la concernent, directement ou non.

Or, précisément, la famille est la grande sacrifiée des politiques modernes : banalisation de modèles familiaux alternatifs, exclusion sociale de la femme au foyer, collectivisme scolaire, individualisation du patrimoine, absence politique des familles.

Les conséquences sont très larges, et vont des comportements dépressifs à la dénatalité en passant par la délinquance et l’appauvrissement du sentiment d’appartenance.

Nous proposons donc de renforcer juridiquement la famille en tant que véritable personne morale :
- les familles sont représentées politiquement dans le cadre de la démocratie équitable ;
- les mères de famille disposent d’un statut propre, en conformité avec le service qu’elles rendent à notre pays ;
- le libre choix parental scolaire est instauré ;
- le patrimoine familial est institué.

La réforme du système social

Le financement actuel du système social français repose pour sa plus large part sur le recouvrement de charges sociales perçues auprès des entreprises. Le système actuel fait ainsi du travail, notamment salarié, la seule clef d’accès à un grand nombre de prestations sociales (santé, chômage, retraite), ce qui présente deux inconvénients :
- d’une part, l’existence de véritables filières allant du prélèvement des cotisations au versement des prestations et donnant actuellement aux représentants paritaires un pouvoir parfaitement illégitime en matière de politique sociale ;
- d’autre part, l’exclusion de nombreuses personnes non salariées, alors que ces dernières ont droit, elles aussi en tant que telles, à la justice sociale, en particulier des personnes sans revenus.

Par ailleurs, les charges sociales exercent des conséquences économiques négatives :
- le travail déclaré en France est lourdement obéré par leur versement, ce qui rend ce travail non compétitif face au travail délocalisé, non déclaré ou clandestin ;
- la complication du système alourdit considérablement les entreprises et dissuade l’embauche et la création d’entreprises, notamment pour les PME et les artisans.

Par conséquent nous proposons la suppression pure et simple du système des charges sociales au profit d’une politique sociale votée par l’Assemblée et financée par l’impôt par l’intermédiaire du budget. D’ailleurs, les calculs les plus élémentaires montrent que, non seulement cette suppression permettra de créer de l’emploi, et donc de réduire les dépenses sociales, mais qu’elle permettra de surcroît d’augmenter considérablement les recettes fiscales. Le bilan financier sera largement positif.

Le système social s’articule ainsi autour de trois types de prestation :
- une solidarité sociale de l’État, fonction des situations familiales, financée par l’impôt et votée au Parlement dans le cadre du budget ;
- des prestations complémentaires de précarité allouées par les mairies ;
- des assurances libres.

La réforme de l’accès à la nationalité française

La responsabilité politique exige que l’on prenne en compte les changements de contextes.

Il est connu que la France a toujours pratiqué le droit du sol, mais face à l’ampleur de l’immigration, on voit bien que le système ne s’en satisfait pas, puisqu’il a généré une sorte de contrepoids : les enfants nés de parents étrangers doivent se prononcer, à la majorité, pour la nationalité française, en adhérant aux « valeurs » républicaines.

On a donc contrebalancé une erreur par une autre. Outre que cette déclaration n’a aucun sens pour ceux qui la prononcent, l’accession à la nationalité française ne peut être ni le fruit d’une déclaration, ni celui d’une idéologie : c’est une question d’appartenance, par naissance ou par adoption, et qui s’appuie sur un don mutuel entre soi-même et la communauté.

Il est donc urgent de réformer l’accès à la nationalité.

Ainsi, pour répondre à la crise actuelle et spécifique liée à l’immigration massive sur notre sol, le code de la nationalité se recentre sur la filiation naturelle ou adoptive (la « naturalisation »).

Pour ceux dont aucun parent n’est français, la nationalité française s’obtient donc par étapes :
- le statut d’étranger résident s’obtient sous le contrôle du Ministère des affaires étrangères, dans le cadre de la politique d’immigration ;
- la nationalité française demeure accessible sous conditions aux étrangers résidents, après une période probatoire fixée par la loi.

Les premières mesures politiques du nouveau Président

Pour mettre en place ces réformes qui permettront de rétablir la France dans sa dignité, sa cohésion et sa souveraineté, le candidat élu de l’Alliance Royale agira par étapes successives.

La réforme du Parlement

Il nommera d’abord un gouvernement qui conduira un référendum sur la réforme du Parlement, et qui débouchera sur la dissolution de l’Assemblée et du Sénat et par leur réélection selon le nouveau mode de scrutin.

Le Parlement engagera alors une réflexion territoriale sur les regroupements de commune et la répartition des compétences entre les communes, les régions et l’État.

Les instances régaliennes

Puis il mettra en place deux instances régaliennes : Le Haut Conseil et le Ministère d’Etat.

Cette création sera l’aboutissement d’une réflexion qu’il aura préalablement menée avec les représentants les plus significatifs de ces questions : administrateurs, magistrats, diplomates, officiers généraux, directeurs de la police et de la gendarmerie, préfets, etc.

Le nouveau Parlement engagera alors, en coopération avec le Haut conseil, une relecture des lois conforme aux intérêts fondamentaux de notre pays, et proposera leur maintien, leur amendement ou leur abrogation.

Les grands axes politiques

En matière de politique publique, c’est-à-dire le service public, l’intervention publique et la politique civile, il appartiendra initialement au Gouvernement d’en définir les grandes lignes, de les présenter au Parlement, et d’en assurer la conduite.

En matière de politique de cohésion et de préservation du patrimoine, il appartiendra au Gouvernement, en coopération avec le Haut Conseil, de présenter des projets de lois cadres au Chef de l’État en conformité avec les principes de paix civile, de respect des personnes et de préservation du patrimoine.

En matière de politique étrangère, les alliances seront initialement maintenues : Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, Union Européenne, Organisation des Nations Unies, diverses alliances avec des pays amis, etc. Le Chef de l’État reconduira la politique étrangère jusqu’à la mise en place du Haut Conseil capable d’en vérifier la conformité avec la souveraineté nationale, et du Ministère d’État chargé de les maintenir, de les renégocier ou de procéder à leur résiliation.

L’appel au Roi par le peuple

Une fois les institutions politiques et les lois cadres en place, le Chef de l’État engagera la France dans un processus de retour de la monarchie impliquant l’ensemble de ses forces vives.

Par souci d’équité, il s’interdira pour lui-même tout parti pris sur cette question, conservant le rôle essentiel de modérateur que lui aura donné la majorité des Français au moment des élections présidentielles.

Source


samedi 25 novembre 2006

Soutien à Philippe de Villiers

L'affaire qui touche présentement Philippe de Villiers et sa famille la plus proche témoigne de la noirceur d'un régime corrompu qui ne renonce à aucun coup bas, à l'aube de la campagne pour l'élection présidentielle de 2007, pour tenter de mettre hors jeu un candidat qui dérange nombre de gens en place depuis des années. Philippe de Villiers est en effet un homme qui a eu à coeur ces dernières années de dénoncer nombre de scandales et affaires, encore il y a peu à travers son livre choc Les Mosquées de Roissy. Peu importe les affinités de chacun dans ce contexte : quand on utilise la faiblesse et la détresse du jeune fils d'un candidat à l'élection présidentielle pour le faire accuser son frère aîné de viol, on ne peut qu'être effrayé par tant de perfidie et de lâcheté. Je soutiens pour ma part inconditionnellement un homme dont l'ambition est de servir la France et à qui je laisse maintenant la parole :

Villiers : «Je n’accepterai jamais qu’on salisse ma famille à des fins politiques»

«Je suis victime d’une manipulation politique ignominieuse qui vise à salir ma famille pour m’atteindre en tant que candidat à l’élection présidentielle» a déclaré Philippe de Villiers dans un communiqué envoyé à la presse.
Les preuves de la manipulation sont nombreuses :
- la soudaineté d’une plainte infamante en pleine campagne électorale alors même que les faits allégués remontent à plus de quinze ans.
- la personne visée, Guillaume de Villiers, était la cible des «barbouzes» du renseignement qui l’accusaient de m’avoir fourni des documents pour mon livre les Mosquées de Roissy. Il est aujourd’hui mis en cause alors même que tous les faits révélés dans mon livre «les Mosquées de Roissy» me donnent raison. On ne peut que s’étonner de la concomitance de la plainte avec les révélations concernant les bagagistes islamistes de Roissy.
- Le nom de l’avocat choisi par le plaignant est en soi tout un programme : il s’agit de Maître Jean-Marc Fédida, avocat spécialiste de plusieurs affaires politico-financières, comme celle des HLM de Paris.
- Guillaume de Villiers a décidé, avec son avocat Alexandre Varaut, de porter plainte pour «dénonciation de crime imaginaire» car le dossier est vide.
Il est clair que cette manipulation vise à m’abattre en tant que candidat à l’élection présidentielle. Je n’accepterai jamais qu’on salisse ma famille à des fins politiques.»

Source

La fin du patronyme ; la naissance du nom de famille

"Cette page donne un aperçu de la réforme qui touche aussi les noms de famille pour les adoptions. La circulaire de présentation de la loi ne fait pas moins de 105 pages !

Transmission du nom de famille avant le 01 janvier 2005

L'enfant portait obligatoirement le nom de son père (ou de sa mère si le père est inconnu).

La réforme du nom de famille

La loi du 04/03/2002 modifie la transmission des noms de famille. Elle est publiée au Journal officiel du 05/03/2002. Elle entre en vigueur le 01 janvier 2005.

Les changements de la loi : Legifrance, l'Assemblée Nationale

Cette loi modifie les règles puisqu'elle intègre la possibilité de transmission du nom de la mère.

Le principe : Les enfants pourront porter le nom de leur père ou de leur mère ou une combinaison des noms des deux parents et les transmettre à leurs propres enfants. Les règles d'application varient selon l'âge de la personne concernée par ce nom. Il n'est pas possible de transmettre les deux doubles noms.

Toute mention au patronyme est supprimée dans la loi. En effet, patro vient du latin pater, le père. Cela faisait donc référence au nom du père. Le mot patronyme est remplacé par nom de famille."


La suite avec des exemples concrets ici.



Mon avis :

Alors que la cellule sociale de base qu'est la famille est attaquée depuis quelques décennies en accord avec le relativisme moral et l'hédonisme qui est de mise de nos jours, on peut se demander si cette réforme apparemment formelle et visant en apparence à plus de liberté et d'égalité ne traduit pas elle aussi une attaque contre la famille traditionnelle dite patriarchale et archaïque par les modernistes. Dans la même ligné que ces lois et ces déclarations bien-pensantes qui veulent prôner une égalité artificielle - je pense à la parité en politique - entre l'homme et la femme, cette mesure ne fait à mon sens qu'introduire un vice de désordre dans la structure familiale. De même qu'en assassinant Louis XVI on a fait de la France une nation sans père, cette mesure en apparence anodine met un terme à un processus qui fait de la famille une structure sans chef et donc sans réel responsable. Il est sans doute inutile de rappeler combien la société se féminise - on lira à ce sujet avec profit Le premier sexe d'Eric Zemmour - et est fragilisée par les unions libres, homosexuelles, les divorces et autres familles recomposées à toutes les sauces. Il est inutile de rappeler que plus personne n'est responsable quant à l'éducation des enfants et que, comme le rappellent certains philosophes contemporains, plus personne ne veut jouer le rôle du père. Voilà bien l'enjeu qui se cache derrière des mesures anodines telles que celle-ci et qui concrétisent pourtant des mouvements de fond qu'on n'a plus le courage, bien souvent, de remettre en question : la désorganisation fondamentale de nos sociétés, le reniement des valeurs chrétiennes qui ont constitué notre civilisation, au profit d'un relativisme déconstructeur, qu'il soit social, moral, ou politique et institutionnel.

Balzac : politique de La Comédie humaine, par Roger Pierrot

Etant un grand amateur de La Comédie humaine, je dois dire que les positions politiques de Balzac m'ont toujours intrigué car elles se révèlent très complexes dès lors qu'on dépasse certains affichages. Balzac s'est à partir d'un moment affiché comme légitimiste et s'est désigné comme l'un des défenseurs du trône et de l'autel, mais il n'était pas vraiment du goût des légitimistes les plus orthodoxes, dérangés par le royalisme plutôt moderne prôné par Balzac. Pour tout dire je le soupçonne moi-même d'être autant bonapartiste...

Voici un article de Roger Pierrot qui me paraît assez éclairant :

La politique sous-tend l’ensemble de La Comédie humaine. Elle donne lieu à de longues descriptions et à de minutieux portraits, et elle permet les interprétations les plus contrastées. Balzac fut-il un contre-révolutionnaire, attaché à la religion et à la monarchie, ou un partisan de la lutte des classes ? Il fut surtout un observateur impitoyable de son époque, dominée par la passion du pouvoir et de l’argent.


Si vous ouvrez une édition contenant l’ensemble des romans et nouvelles composant la Comédie humaine, vous constatez que le grand corpus des Études de mœurs au XIXième siècle est divisé en six séries de « Scènes ». L’une – assez mince – est intitulée Scènes de la vie politique, comporte quatre titres dont l’action se place sous la Révolution, l’Empire, la Restauration et la Monarchie de Juillet. Une Ténébreuse affaire met en scène une affaire policière avec des réflexions sur le système politique de l’Empereur que Balzac, après une jeunesse libérale et frondeuse, continuera à admirer, en dépit de sa « conversion » au légitimisme. Le Député d’Arcis, premier épisode d’un ensemble resté inachevé a pour thème une élection en province, placée en 1839, dans le système censitaire de l’époque. Certains lecteurs du XXIème siècle ne manqueront pas de faire des rapprochements avec l’atmosphère des collèges de grands électeurs de certaines élections sénatoriales contemporaines.

Lire la suite ICI.

vendredi 24 novembre 2006

Un tombeau littéraire de Saint Louis par Chateaubriand

Voici ce qu'il convient d'appeler un tombeau littéraire, établi par Chateaubriand dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem en l'honneur du roi Saint Louis.

Mort de Saint Louis devant Tunis - 25 août 1270
par Georges Rouget


"Du sommet de Byrsa l'oeil embrasse les ruines de Carthage, qui sont plus nombreuses qu'on ne le pense généralement : elles ressemblent à celles de Sparte, n'ayant rien de bien conservé, mais occupant un espace considérable. Je les vis au mois de février ; les figuiers, les oliviers et les caroubiers donnaient déjà leurs premières feuilles ; de grandes angéliques et des acanthes formaient des touffes de verdure parmi les débris de marbre de toutes couleurs. Au loin je promenais mes regards sur l'isthme, sur une double mer, sur des îles lointaines, sur une campagne riante, sur des lacs bleuâtres, sur des montagnes azurées ; je découvrais des forêts, des vaisseaux, des aqueducs, des villages maures, des ermitages mahométans, des minarets et les maisons blanches de Tunis. Des millions de sansonnets, réunis en bataillons et ressemblant à des nuages, volaient au-dessus de ma tête. Environné des plus grands et des plus touchants souvenirs, je pensais à Didon, à Sophonisbe, à la noble épouse d'Asdrubal ; Je contemplais les vastes plaines où sont ensevelies les légions d'Annibal, de Scipion et de César ; mes yeux voulaient reconnaître l'emplacement d'Utique : hélas ! les débris des palais de Tibère existent encore à Caprée, et l'on cherche en vain à Utique la place de la maison de Caton ! Enfin, les terribles Vandales, les légers Maures passaient tour à tour devant ma mémoire, qui m'offrait pour dernier tableau saint Louis expirant sur les ruines de Carthage. Que le récit de la mort de ce prince termine cet Itinéraire : heureux de rentrer, pour ainsi dire, dans ma patrie, par un antique monument de ses vertus, et de finir au tombeau du roi de sainte mémoire ce long pèlerinage aux tombeaux des grands hommes.

Lorsque saint Louis entreprit son second voyage d'outre-mer, il n'était plus jeune. Sa santé, affaiblie, ne lui permettait ni de rester longtemps à cheval ni de soutenir le poids d'une armure ; mais Louis n'avait rien perdu de la vigueur de l'âme. Il assemble à Paris les grands du royaume ; il leur fait la peinture des malheurs de la Palestine, et leur déclare qu'il est résolu d'aller au secours de ses frères les chrétiens. En même temps il reçoit la croix des mains du légat, et la donne à ses trois fils aînés.

Une foule de seigneurs se croisent avec lui : les rois de l'Europe se préparent à prendre la bannière. Charles de Sicile, Edouard d'Angleterre, Gaston de Béarn, les rois de Navarre et d'Aragon. Les femmes montrèrent le même zèle : la dame de Poitiers, la comtesse de Bretagne, Iolande de Bourgogne, Jeanne de Toulouse, Isabelle de France, Amicie de Courtenay, quittèrent la quenouille que filaient alors les reines, et suivirent leurs maris outre mer.

Saint Louis fit son testament : il laissa à Agnès, la plus jeune de ses filles, dix mille francs pour se marier, et quatre mille francs à la reine Marguerite ; il nomma ensuite deux régents du royaume, Matthieu, abbé de Saint-Denis, et Simon, sire de Nesle ; après quoi il alla prendre l'oriflamme.

Cette bannière, que l'on commence à voir paraître dans nos armées sous le règne de Louis le Gros, était un étendard de soie attaché au bout d'une lance : il était d'un vermeil samit, à guise de gonfanon à trois queues, et avait autour des houppes de soie verte . On le déposait en temps de paix sur l'autel de l'abbaye de Saint-Denis, parmi les tombeaux des rois, comme pour avertir que de race en race les Français étaient fidèles à Dieu, au prince et à l'honneur. Saint Louis prit cette bannière des mains de l'abbé, selon l'usage. Il reçut en même temps l'escarcelle [Une ceinture. (N.d.A.)] et le bourdon [Un bâton. (N.d.A.)] du pèlerin, que l'on appelait alors la consolation et la marque du voyage [ Solatia et indicia itineris . (N.d.A.)] : coutume si ancienne dans la monarchie, que Charlemagne fut enterré avec l'escarcelle d'or qu'il avait habitude de porter lorsqu'il allait en Italie.

Louis pria au tombeau des martyrs, et mit son royaume sous la protection du patron de la France. Le lendemain de cette cérémonie, il se rendit pieds nus, avec ses fils, du Palais de Justice à l'église de Notre-Dame. Le soir du même jour il partit pour Vincennes, où il fit ses adieux à la reine Marguerite, gentille, bonne reine, pleine de grand simplece , dit Robert de Sainceriaux ; ensuite il quitta pour jamais ces vieux chênes, vénérables témoins de sa justice et de sa vertu.

" Maintes fois ai vu que le saint homme roi s'alloit esbattre au bois de Vincennes, et s'asseyoit au pied d'un chesne, et nous fesoit seoir auprès de lui, et tous ceux qui avoient affaire à lui venoient lui parler sans qu'aucun huissier leur donnast empeschement... Aussi plusieurs fois ay vu qu'au temps d'esté le bon roi venoit au jardin de Paris, vestu d'une cotte de camelot, d'un surcot de tiretaine sans manches et d'un mantel par-dessus de sandal noir, et fesoit là estendre des tapis pour nous asseoir auprès de lui, et là fesoit depescher son peuple diligemment comme au bois de Vincennes [Sire de Joinville. (N.d.A.)] . "

Saint-Louis s'embarqua à Aigues-Mortes, le mardi 1er juillet 1270. Trois avis avaient été ouverts dans le conseil du roi avant de mettre à la voile : d'aborder à Saint-Jean-d'Acre, d'attaquer l'Egypte, de faire une descente à Tunis. Malheureusement saint Louis se rangea au dernier avis par une raison qui semblait assez décisive.

Tunis était alors sous la domination d'un prince que Geoffroy de Beaulieu et Guillaume de Nangis nomment Omar-el-Muley-Moztanca . Les historiens du temps ne disent point pourquoi ce prince feignit de vouloir embrasser la religion des chrétiens ; mais il est assez probable qu'apprenant l'armement des croisés, et ne sachant où tomberait l'orage, il crut le détourner en envoyant des ambassadeurs en France et flattant le saint roi d'une conversion à laquelle il ne pensait point. Cette tromperie de l'infidèle fut précisément ce qui attira sur lui la tempête qu'il prétendait conjurer. Louis pensa qu'il suffirait de donner à Omar une occasion de déclarer ses desseins, et qu'alors une grande partie de l'Afrique se ferait chrétienne à l'exemple de son prince.

Une raison politique se joignait à ce motif religieux : les Tunisiens infestaient les mers ; ils enlevaient les secours que l'on faisait passer aux princes chrétiens de la Palestine ; ils fournissaient des chevaux, des armes et des soldats aux soudans d'Egypte ; ils étaient le centre des liaisons que Bondoc-Dari entretenait avec les Maures de Maroc et de l'Espagne. Il importait donc de détruire ce repaire de brigands, pour rendre plus faciles les expéditions en Terre Sainte.

Saint Louis entra dans la baie de Tunis au mois de juillet 1270. En ce temps-là un prince maure avait entrepris de rebâtir Carthage : plusieurs maisons nouvelles s'élevaient déjà au milieu des ruines, et l'on voyait un château sur la colline de Byrsa. Les croisés furent frappés de la beauté du pays couvert de bois d'oliviers. Omar ne vint point au-devant des Français ; il les menaça au contraire de faire égorger tous les chrétiens de ses Etats si l'on tentait le débarquement. Ces menaces n'empêchèrent point l'armée de descendre ; elle campa dans l'isthme de Carthage, et l'aumônier d'un roi de France prit possession de la patrie d'Annibal en ces mots : Je vous dis le ban de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et de Louis, roi de France, son sergent . Ce même lieu avait entendu parler le gétule, le tyrien, le latin, le vandale, le grec et l'arabe, et toujours les mêmes passions dans des langues diverses.

Saint Louis résolut de prendre Carthage avant d'assiéger Tunis, qui était alors une ville riche, commerçante et fortifiée. Il chassa les Sarrasins d'une tour qui défendait les citernes : le château fut emporté d'assaut, et la nouvelle cité suivit le sort de la forteresse. Les princesses qui accompagnaient leurs maris débarquèrent au port ; et, par une de ces révolutions que les siècles amènent, les grandes dames de France s'établirent dans les ruines des palais de Didon.

Mais la prospérité semblait abandonner saint Louis dès qu'il avait passé les mers, comme s'il eût toujours été destiné à donner aux infidèles l'exemple de l'héroïsme dans le malheur. Il ne pouvait attaquer Tunis avant d'avoir reçu les secours que devait lui amener son frère, le roi de Sicile. Obligé de se retrancher dans l'isthme, l'armée fut attaquée d'une maladie contagieuse qui en peu de jours emporta la moitié des soldats. Le soleil de l'Afrique dévorait des hommes accoutumés à vivre sous un ciel plus doux. Afin d'augmenter la misère des croisés, les Maures élevaient un sable brûlant avec des machines : livrant au souffle du midi cette arène embrasée, ils imitaient pour les chrétiens les effets du kansim ou du terrible vent du désert : ingénieuse et épouvantable invention, digne des solitudes qui en firent naître l'idée, et qui montre à quel point l'homme peut porter le génie de la destruction. Des combats continuels achevaient d'épuiser les forces de l'armée : les vivants ne suffisaient pas à enterrer les morts ; on jetait les cadavres dans les fossés du camp, qui en furent bientôt comblés.

Déjà les comtes de Nemours, de Montmorency et de Vendôme n'étaient plus ; le roi avait vu mourir dans ses bras son fils chéri, le comte de Nevers. Il se sentit lui-même frappé. Il s'aperçut dès le premier moment que le coup était mortel ; que ce coup abattrait facilement un corps usé par les fatigues de la guerre, par les soucis du trône et par ces veilles religieuses et royales que Louis consacrait à son Dieu et à son peuple. Il tâcha néanmoins de dissimuler son mal et de cacher la douleur qu'il ressentait de la perte de son fils. On le voyait, la mort sur le front, visiter les hôpitaux, comme un de ces Pères de la Merci consacrés dans les mêmes lieux à la rédemption des captifs et au salut des pestiférés. Des oeuvres du saint il passait aux devoirs du roi, veillait à la sûreté du camp, montrait à l'ennemi un visage intrépide, ou, assis devant sa tente, rendait la justice à ses sujets comme sous le chêne de Vincennes.

Philippe, fils aîné et successeur de Louis, ne quittait point son père qu'il voyait près de descendre au tombeau. Le roi fut enfin obligé de garder sa tente : alors, ne pouvant plus être lui-même utile à ses peuples, il tâcha de leur assurer le bonheur dans l'avenir en adressant à Philippe cette instruction qu'aucun Français ne lira jamais sans verser des larmes. Il l'écrivit sur son lit de mort. Du Cange parle d'un manuscrit qui paraît avoir été l'original de cette instruction : l'écriture en était grande, mais altérée : elle annonçait la défaillance de la main qui avait tracé l'expression d'une âme si forte.

" Beau fils, la première chose que je t'enseigne et commande à garder, si est que de tout ton coeur tu aimes Dieu. Car sans ce, nul homme ne peut être sauvé. Et garde bien de faire chose qui lui déplaise. Car tu devrois plutôt désirer à souffrir toutes manières de tourments, que de pécher mortellement.

" Si Dieu t'envoie adversité, reçois-la bénignement, et lui en rends grâce : et pense que tu l'as bien desservi, et que le tout te tournera à ton preu. S'il te donne prospérité, si l'en remercie très humblement et garde que pour ce tu n'en sois pas pire par orgueil, ne autrement. Car on ne doit pas guerroyer Dieu de ses dons.

" Prends-toi bien garde que tu aies en ta compagnie prudes gens et loyaux, qui ne soient point pleins de convoitises, soit gens d'église, de religion, séculiers ou autres. Fuis la compagnie des mauvais, et t'efforce d'écouter les paroles de Dieu, et les retiens en ton coeur.

" Aussi fais droiture et justice à chacun, tant aux pauvres comme aux riches. Et à tes serviteurs sois loyal, libéral et roide de paroles, à ce qu'ils te craignent et aiment comme leur maître. Et si aucune controversité ou action se meut, enquiers-toi jusqu'à la vérité, soit tant pour toi que contre toi. Si tu es averti d'avoir aucune chose d'autrui, qui soit certaine, soit par toi ou par tes prédécesseurs, fais-la rendre incontinent.

" Regarde en toute diligence comment les gens et sujets vivent en paix et en droiture dessous toi, par espécial ès bonnes villes et cités, et ailleurs. Maintiens tes franchises et libertés, esquelles tes anciens les ont maintenues et gardées, et les tiens en faveur et amour.

" Garde-toi d'émouvoir guerre contre hommes chrétiens sans grand conseil, et qu'autrement tu n'y puisses obvier. Si guerre et débats y a entre tes sujets, apaise-les au plus tôt que tu pourras.

" Prends garde souvent à tes baillifs, prévôts et autres officiers, et t'enquiers de leur gouvernement, afin que si chose y a en eux à reprendre, que tu le fasses.

" Et te supplie, mon enfant, que, en ma fin, tu aies de moi souvenance, et de ma pauvre âme ; et me secoures par messes, oraisons, prières, aumônes et bienfaits, par tout ton royaume. Et m'octroie partage et portion en tous tes bienfaits, que tu feras. Et je te donne toute bénédiction que jamais père peut donner à enfant, priant à toute la Trinité du paradis, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, qu'ils te gardent et défendent de tous maux ; à ce que nous puissions une fois, après cette mortelle vie, être devant Dieu ensemble, et lui rendre grâce et louange sans fin. "

Tout homme près de mourir, détrompé sur les choses du monde, peut adresser de sages instructions à ses enfants ; mais quand ces instructions sont appuyées de l'exemple de toute une vie d'innocence, quand elles sortent de la bouche d'un grand prince, d'un guerrier intrépide et du coeur le plus simple qui fut jamais, quand elles sont les dernières expressions d'une âme divine qui rentre aux éternelles demeures, alors heureux le peuple qui peut se glorifier en disant :

" L'homme qui a écrit ces instructions était le roi de mes pères ! "

La maladie faisant des progrès, Louis demanda l'extrême-onction. Il répondit aux prières des agonisants avec une voix aussi ferme que s'il eût donné des ordres sur un champ de bataille. Il se mit à genoux au pied de son lit pour recevoir le saint viatique, et on fut obligé de soutenir par les bras ce nouveau saint Jérôme, dans cette dernière communion. Depuis ce moment il mit fin aux pensées de la terre et se crut acquitté envers ses peuples. Eh ! quel monarque avait jamais mieux rempli ses devoirs ! Sa charité s'étendit alors à tous les hommes : il pria pour les infidèles qui firent à la fois la gloire et le malheur de sa vie ; il invoqua les saints patrons de la France, de cette France si chère à son âme royale. Le lundi matin 25 août, sentant que son heure approchait, il se fit coucher sur un lit de cendre, où il demeura étendu les bras croisés sur la poitrine et les yeux levés vers le ciel.

On n'a vu qu'une fois et l'on ne reverra jamais un pareil spectacle :

la flotte du roi de Sicile se montrait à l'horizon ; la campagne et les collines étaient couvertes de l'armée des Maures. Au milieu des débris de Carthage le camp des chrétiens offrait l'image de la plus affreuse douleur : aucun bruit ne s'y faisait entendre ; les soldats moribonds sortaient des hôpitaux, et se traînaient à travers les ruines, pour s'approcher de leur roi expirant. Louis était entouré de sa famille en larmes, des princes consternés, des princesses défaillantes. Les députés de l'empereur de Constantinople se trouvaient présents à cette scène : ils purent raconter à la Grèce la merveille d'un trépas que Socrate aurait admiré. Du lit de cendre où saint Louis rendait le dernier soupir on découvrait le rivage d'Utique : chacun pouvait faire la comparaison de la mort du philosophe stoïcien et du philosophe chrétien. Plus heureux que Caton, saint Louis ne fut point obligé de lire un traité de l'immortalité de l'âme pour se convaincre de l'existence d'une vie future : il en trouvait la preuve invincible dans sa religion, ses vertus et ses malheurs. Enfin, vers les trois heures de l'après-midi, le roi, jetant un grand soupir, prononça distinctement ces paroles : " Seigneur, j'entrerai dans votre maison, et je vous adorerai dans votre saint temple [ Psalm . (N.d.A.)] ; " et son âme s'envola dans le saint temple qu'il était digne d'habiter.

On entend alors retentir la trompette des croisés de Sicile : leur flotte arrive pleine de joie et chargée d'inutiles secours. On ne répond point à leur signal. Charles d'Anjou s'étonne et commence à craindre quelque malheur. Il aborde au rivage, il voit des sentinelles, la pique renversée, exprimant encore moins leur douleur par ce deuil militaire que par l'abattement de leur visage. Il vole à la tente du roi son frère : il le trouve étendu mort sur la cendre. Il se jette sur les reliques sacrées, les arrose de ses larmes, baise avec respect les pieds du saint, et donne des marques de tendresse et de regrets qu'on n'aurait point attendues d'une âme si hautaine. Le visage de Louis avait encore toutes les couleurs de la vie, et ses lèvres même étaient vermeilles.

Charles obtint les entrailles de son frère, qu'il fit déposer à Montréal près de Salerne. Le coeur et les ossements du prince furent destinés à l'abbaye de Saint-Denis ; mais les soldats ne voulurent point laisser partir avant eux ces restes chéris, disant que les cendres de leur souverain étaient le salut de l'armée. Il plut à Dieu d'attacher au tombeau du grand homme une vertu qui se manifesta par des miracles. La France, qui ne pouvait se consoler d'avoir perdu sur la terre un tel monarque, le déclara son protecteur dans le ciel. Louis, placé au rang des saints, devint ainsi pour la patrie une espèce de roi éternel. On s'empressa de lui élever des églises et des chapelles plus magnifiques que les simples palais où il avait passé sa vie. Les vieux chevaliers qui l'accompagnèrent à sa première croisade furent les premiers à reconnaître la nouvelle puissance de leur chef : " Et j'ai fait faire, dit le sire de Joinville, un autel en l'honneur de Dieu et de monseigneur saint Loys. "

La mort de Louis, si touchante, si vertueuse, si tranquille, par où se termine l'histoire de Carthage, semble être un sacrifice de paix offert en expiation des fureurs, des passions et des crimes dont cette ville infortunée fut si longtemps le théâtre. Je n'ai plus rien à dire aux lecteurs ; il est temps qu'ils rentrent avec moi dans notre commune patrie."

François-René de Chateaubriand, Itinéraires de Paris à Jérusalem : Et de Jérusalem à Paris suivi de Journal de Julien (1811)


Chateaubriand nous parle des Croisades

Dans cet extrait de l'Itinéraire de Paris à Jérusalem, Chateaubriand profite de son voyage entrepris en 1807 en direction de Jérusalem - en passant notamment par ce qui correspond aujourd'hui à la Grèce et à la Turquie, la première étant alors sous la domination de l'Empire ottoman - pour entretenir son lecteur des traces glorieuses laissées par les Français dans les endroits qu'il visite, en accord en cela avec le projet qui sous-tend ce voyage, c'est-à-dire (re)trouver ses racines culturelles alors qu'il a quitté une France en pleine période révolutionnaire, ce à cause de quoi sa famille a payé un lourd tribu. Ces traces sont notamment historiques à travers les Croisades - dont l'évocation est aussi littéraire à travers l'œuvre du Tasse, la Jérusalem délivrée, ailleurs dans ce récit de voyage.

Le pape Urbain II prêche la sainte croisade lors du concile de Clermont le 27 novembre 1095






"Les écrivains du XVIIIe siècle se sont plu à représenter les croisades sous un jour odieux. J'ai réclamé un des premiers contre cette ignorance ou cette injustice. Les croisades ne furent des folies, comme on affectait de les appeler, ni dans leur principe ni dans leur résultat. Les chrétiens n'étaient point les agresseurs. Si les sujets d'Omar, partis de Jérusalem, après avoir fait le tour de l'Afrique, fondirent sur la Sicile, sur l'Espagne, sur la France même, où Charles Martel les extermina, pourquoi des sujets de Philippe Ier, sortis de la France, n'auraient-ils pas fait le tour de l'Asie pour se venger des descendants d'Omar jusque dans Jérusalem ? C'est un grand spectacle sans doute que ces deux armées de l'Europe et de l'Asie marchant en sens contraire autour de la Méditerranée et venant, chacune sous la bannière de sa religion, attaquer Mahomet et Jésus-Christ au milieu de leurs adorateurs. N'apercevoir dans les croisades que des pèlerins armés qui courent délivrer un tombeau en Palestine, c'est montrer une vue très bornée en histoire. Il s'agissait non seulement de la délivrance de ce tombeau sacré, mais encore de savoir qui devait l'emporter sur la terre, ou d'un culte ennemi de la civilisation, favorable par système à l'ignorance, au despotisme, à l'esclavage, ou d'un culte qui a fait revivre chez les modernes le génie de la docte antiquité et aboli la servitude. Il suffit de lire le discours du pape Urbain II au concile de Clermont pour se convaincre que les chefs de ces entreprises guerrières n'avaient pas les petites idées qu'on leur suppose, et qu'ils pensaient à sauver le monde d'une inondation de nouveaux barbares. L'esprit du mahométisme est la persécution et la conquête ; l'Evangile, au contraire, ne prêche que la tolérance et la paix. Aussi les chrétiens supportèrent-ils pendant sept cent soixante-quatre ans tous les maux que le fanatisme des Sarrasins leur voulut faire souffrir ; ils tâchèrent seulement d'intéresser en leur faveur Charlemagne. Mais ni les Espagnes soumises, ni la France envahie, ni la Grèce et les deux Siciles ravagées, ni l'Afrique entière tombée dans les fers, ne purent déterminer pendant près de huit siècles les chrétiens à prendre les armes. Si enfin les cris de tant de victimes égorgées en Orient, si les progrès des barbares, déjà aux portes de Constantinople, réveillèrent la chrétienté et la firent courir à sa propre défense, qui oserait dire que la cause des guerres sacrées fut injuste ? Où en serions-nous si nos pères n'eussent repoussé la force par la force ? Que l'on contemple la Grèce, et l'on apprendra ce que devient un peuple sous le joug des musulmans. Ceux qui s'applaudissent tant aujourd'hui du progrès des lumières auraient-ils donc voulu voir régner parmi nous une religion qui a brûlé la bibliothèque d'Alexandrie, qui se fait un mérite de fouler aux pieds les hommes et de mépriser souverainement les lettres et les arts ?

Les croisades, en affaiblissant les hordes mahométanes au centre même de l'Asie, nous ont empêchés de devenir la proie des Turcs et des Arabes. Elles ont fait plus : elles nous ont sauvés de nos propres révolutions ; elles ont suspendu, par la paix de Dieu , nos guerres intestines ; elles ont ouvert une issue à cet excès de population qui tôt ou tard cause la ruine des Etats remarque que le père Maimbourg a faite et que M. de Bonald a développée.

Quant aux autres résultats des croisades, on commence à convenir que ces entreprises guerrières ont été favorables au progrès des lettres et de la civilisation. Robertson a parfaitement traité ce sujet dans son Histoire du Commerce des Anciens aux Indes Orientales . J'ajouterai qu'il ne faut pas dans ces calculs omettre la renommée que les armes européennes ont obtenue dans les expéditions d'outre-mer. Le temps de ces expéditions est le temps héroïque de notre histoire ; c'est celui qui a donné naissance à notre poésie épique. Tout ce qui répand du merveilleux sur une nation ne doit point être méprisé par cette nation même. On voudrait en vain se le dissimuler, il y a quelque chose dans notre coeur qui nous fait aimer la gloire ; l'homme ne se compose pas absolument de calculs positifs pour son bien et. pour son mal : ce serait trop le ravaler ; c'est en entretenant les Romains de l'éternité de leur ville qu'on les a menés à la conquête du monde et qu'on leur a fait laisser dans l'histoire un nom éternel."

François-René de Chateaubriand, Itinéraires de Paris à Jérusalem : Et de Jérusalem à Paris suivi de Journal de Julien (1811)

L'opportunité d'une religion d'Etat catholique en France

Je veux donner mon avis brièvement sur ce sujet, à savoir l'opportunité ou non d'une religion d'Etat catholique en France, sans aborder son implantation soit dans un contexte royaliste, soit républicain - l'étude du cas polonais pourrait être intéressant par exemple.

Tout d'abord j'observe que la France est née du baptême de Clovis, et que c'est bien la religion catholique qui se trouve au fondement culturel de notre nation dans une large mesure. Comme à Rome le rappel des origines de la cité était primordial, il me semble que ce devrait être le cas pour la France, sans compter que l'Eglise catholique, si je la considère d'un point de vue temporel, est la continuatrice, du point de vue de la civilisation, de l'Empire romain, dans l'incarnation de la trinité autorité-religion-tradition. On n'a pas idée de ce que briser un tel héritage, une telle continuité, va avoir comme répercussion - car malgré les déboires déjà visibles nous sommes loin d'avoir bu la coupe jusqu'à la lie. La préservation de la religion catholique a donc un rôle qui tend à préserver l'identité de la France, telle qu'elle est née et s'est perpétuée pendant des siècles, sachant que si cette religion est toujours présente en France, elle a été minée par l'oeuvre destructrice de 1789 et les années suivantes - y compris, de façon plus lointaine, par 1905 - de sorte que la mise en place des idéaux républicains d'homme abstrait comme individu et unité de base a préparé les déconstructions modernistes que nous sommes en train de vivre : mort de la nation, destruction de la famille, acculturation totale par un métissage intense. Si un mouvement de réaction n'est pas enclenché, la France ne sera plus jamais France.

Je veux revenir sur l'utilité de cette religion d'Etat à propos de l'identité nationale. Comme on l'a dit justement dans les pages précédentes, la laïcité n'est pas tolérante mais exclusive en ce qu'elle impose un sens à l'Etat, en ce qu'elle présuppose la validité du primat de l'individu et de l'homme abstrait. Or j'affirme que l'homme n'est rien dans l'abstrait, qu'il est d'une culture et d'une histoire données, et que comme patriote le relativisme me paraît antinational. Je précise de plus que la composition religieuse d'une nation n'est pas sans effet, et qu'on ne peut pas reléguer comme le voudraient les laïcs la ou les religions dans la seule sphère du privé. Cela est strictement impossible, impensable et dangereux. C'est une utopie qui tend à nier la réalité d'une nation, à croire à cet individu abstrait républicain qui n'existe que par la volonté d'artificialiser l'être des citoyens en faisant comme si leur existence se pouvait dissocier. Toujours est-il que la France nous propose un exemple frappant avec l'implantation d'une religion qui justement ne reconnaît pas cette séparation artificielle entre le public et le privé, je veux parler de l'islam. Et cela montre les limites de la laïcité qui empêche l'unité d'une nation et sa juste définition. Partant du principe qu'une société multiculturelle est une société multi-conflictuelle, je pense que la laïcité, qui a pris en compte un fonds culturel judéo-chrétien sans prévoir la possibilité de l'intrusion d'une autre culture dans la nation, a échoué et montré son incapacité à pouvoir cimenter autrement qu'artificiellement une nation. Ainsi dans le cas de l'islam, forcée de tolérer la liberté de culte pour une religion qui nie pourtant son fondement, la laïcité ne peut se maintenir en France vis-à-vis de la communauté musulmane qu'en castrant le Coran, en invalidant toute une partie de son message. Ce dérapage historique que nous sommes en train de vivre me paraît important et place la France face à elle-même et la survie de son identité et de sa culture catholique. Pour toutes ces raisons, à côté de l'artificielle laïcité, je soutiens que la religion d'Etat catholique est le vecteur le plus efficace d'unité culturelle.

J'aimerais dire encore comme l'affirmait Benoît XVI que le Christ ne prend rien, mais au contraire donne tout. Ce qu'il faut comprendre c'est que le message catholique n'est pas un message de despotisme et de soumission comme peut l'être celui de l'islam, mais un message de responsabilité de l'homme dans la vérité du Christ Sauveur, qui sait l'homme pêcheur et pardonner qui se repent. Alors comment ne pas comprendre que cette religion qui est notre identité, notre histoire, un trait d'union avec Rome, protège en réalité nos valeurs occidentales et qu'aucun homme libre un tant soit peu responsable n'a rien à y perdre ? Car faudrait-il croire que l'Etat n'a pas à prôner la responsabilité morale du citoyen ? Si, il le doit, car tel est l'avantage d'un système qui a pour tâche de proposer un vrai idéal spirituel tout en comprenant la faiblesse de l'homme. Tel est l'avantage de ce qui tend vers la vérité et ne se vautre pas dans un relativisme destructeur qui prive l'homme d'une part de lui-même, car tout homme recherche sa part spirituelle quand l'histoire la lui a ôtée. Liberté, responsabilité, exigence, progrès humain, voilà ce qui peut être proposé. Unité morale également, avec la sauvegarde de la famille et de ses valeurs, ainsi que la promotion de la vie depuis sa conception, car le multiculturalisme est également moral. Pour en revenir à la première phrase de ce paragraphe, aucun athée vertueux n'aurait à se plaindre d'un tel système, à moins de croire que l'histoire de France n'est rien, que l'unité et la cohésion nationale ne sont rien, que la responsabilité et l'exigence ne doivent pas être proposées à tous.

Pour conclure, je dirais que comme alternative à une laïcité déconstructrice et artificielle, un royalisme catholique serait le restaurateur d'une France pleinement elle-même, dans son histoire et ses valeurs. Je n'ai pas justifié la Foi en Dieu ci-dessus car de toutes ces valeurs elle me paraît une évidence. Que si les athées ne s'accrochent qu'à une raison qui ne peut pas découvrir pleinement la vérité révélée qui nécessite la foi, qu'ils voient tout le bien qu'une France réconciliée avec elle-même et son histoire pourrait retirer de la religion catholique restaurée dans sa prime magnificence, car le Christ ne prend rien mais donne tout.

L'Eglise catholique, pilier de la civilisation occidentale

Je présente ici comme illustration du titre de mon sujet cet extrait d'un ouvrage d'Hannah Arendt, où il est très bien expliqué que nous sommes les héritiers de valeurs complexes héritées à la fois de l'Empire romain - pour le respect de la fondation (Rome), des ancêtres, de la tradition, tout cela créant la hiérarchie de l'autorité - et des Grecs, notamment de la philosophie platonicienne - les outils de mesures spirituels et transcendants. Il s'avère donc que l'Eglise catholique est le dépositaire de notre civilisation et le continuateur de l'Empire romain. Si nous ne faisons rien, peut-être l'Empire va-t-il disparaître pour de bon et ne retrouvera-t-il plus de continuateur. L'enjeu est de taille, j'appelle tous les patriotes sincères à en prendre conscience et à noter ces arguments fondamentaux.

" Grâce au fait que la fondation de la citée de Rome fut répétée dans la fondation de l’Église catholique, quoique, bien sûr, avec un contenu radicalement différent, la trinité romaine de la religion, de l’autorité et de la tradition put être reprise par l’ère chrétienne. Le signe le plus visible de cette continuité est peut-être que l’Église, quand elle se lança au Ve siècle dans sa grande carrière politique, adopta immédiatement la distinction romaine entre l’autorité et le pouvoir, revendiquant pour elle-même la vieille autorité du Sénat et abandonnant le pouvoir – qui dans l’Empire romain n’était plus aux mains du peuple mais avait été monopolisé par la maison impériale – aux princes du monde. Ainsi, à la fin du Ve siècle, le pape Gélase Ier pouvait écrire à l’empereur Anastase Ier : « Deux sont les choses par lesquelles ce monde est principalement gouverné : l’autorité sacrée des papes et le pouvoir royal. » Le résultat de cette continuité de l’esprit romain dans l’histoire de l’Occident fut double. D’une part, le miracle de la permanence se répéta une fois de plus ; car à l’intérieur du cadre de notre histoire la longévité et la continuité de l’Église comme institution publique peut être comparée seulement avec les mille ans de l’histoire romaine dans l’antiquité. La séparation de l’Église et de l’État, d’autre part, loin de signifier univoquement une sécularisation du domaine politique et, par là, son élévation à la dignité de période classique, impliqua en fait que le domaine politique avait alors, pour la première fois depuis les Romains, perdu son autorité et, avec elle, cet élément qui, dans l’histoire occidentale, du moins, a doté les structures politiques de longévité, de continuité et de permanence.

Il est vrai que la pensée politique romaine commença très tôt à utiliser les concepts platoniciens pour comprendre et interpréter les expériences politiques spécifiquement romaines. Cependant tout se passe comme si c’était seulement à l’ère chrétienne que les invisibles instruments de mesure spirituels de Platon, par lesquels devaient être mesurées et jugées les affaires concrètes, visibles, des hommes, avaient déployé leur pleine efficacité politique. Ce furent précisément les parties de la doctrine chrétienne qui auraient eu beaucoup de difficulté à s’adapter et à s’assimiler à la structure politique romaine – à savoir les commandements révélés et les vérités d’une autorité absolument transcendante qui, à la différence de celle de Platon, n’avait pas son lieu au-dessus mais au-delà de la vie terrestre – qui purent être intégrées dans la légende de la Fondation romaine via Platon. La révélation de Dieu put alors être interprétée politiquement comme si les normes de la conduite humaine et le principe des communautés politiques, intuitivement anticipés par Platon, avaient été finalement révélés directement, de sorte que, dans les mots d’un platonisant moderne, il apparut que la « première orientation de Platon vers la mesure invisible était maintenant confirmée par la révélation de la mesure elle-même. » Dans la mesure où l’Église catholique a incorporé la philosophie grecque dans l’échafaudage de sa doctrine et de ses dogmes, elle a amalgamé le concept politique romain d’autorité, qui reposait obligatoirement sur un commencement, un acte de fondation dans le passé, à la notion grecque de mesures et de règles transcendantes. Les normes générales et transcendantes sous lesquelles pouvaient être subsumés le particulier et l’immanent étaient maintenant requises pour tout ordre politique, les règles morales pour toutes les relations entre les hommes, et les normes rationnelles pour guider tout jugement individuel. Rien ne devait par la suite s’imposer avec une plus grande autorité et de plus vastes conséquences que cet amalgame lui-même.

Depuis lors il s’est révélé, et ce fait parle pour la stabilité de l’amalgame, que partout où l’un des éléments de la trinité romaine, religion, autorité ou tradition, a été mis en doute ou éliminé, les deux qui restaient ont perdu leur solidité. Ainsi, ce fut l’erreur de Luther de penser que son défi lancé à l’autorité temporelle de l’Église et son appel à un jugement individuel sans guide laisseraient intactes la tradition et la religion. Ce fut aussi l’erreur de Hobbes et des théoriciens politiques du XVIIe siècle d’espérer que l’autorité et la religion pourraient être sauvées sans la tradition. Ce fut aussi finalement l’erreur des humanistes de penser qu’il serait possible de demeurer à l’intérieur d’une tradition inentamée de la civilisation occidentale sans religion et sans autorité. "

Hannah Arendt, La Crise de la culture, Gallimard, Folio essais, 1972, pp. 166-168.

Index des personnages

A

Arthaud (seigneur dans Croisades, Conspiration au Royaume d'Orient sur PC)

B

Bernard, archiprêtre (Roman de Renart)
Blaise
Brichemer (Roman de Renart)
Brun l'ours (Roman de Renart)
Bruyant le taureau (Roman de Renart)

C

Chantecler le coq (Roman de Renart)

E

Épinard le hérisson (Roman de Renart)

F

Ferrant le cheval de charge (Roman de Renart)
Frobert le grillon (Roman de Renart)

G

Gauvain (neveu du roi Arthur)

I

Isangrin (Roman de Renart)

M

Merlin

N

Noble le lion, roi (Roman de Renart)

O

Olivier (Chanson de Roland)

P

Pelé le rat (Roman de Renart)
Perceval

R

Renart (Roman de Renart)
Roland de Roncevaux

T

Tibert le chat (Roman de Renart)
Tiécelin le corbeau (Roman de Renart)
Turpin, archevêque guerrier, pair de Charlemagne (Chanson de Roland)


Index des personnes

A

Adam
Adam de La Halle
François Pierre Amey

B

J.-U. Bastié
Pierre Bayle
François Bayrou
Béatrice de Provence
Charles Ferdinand, duc de Berry
Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry
François Bluche
Louis de Bonald
Charles Artus Melchior, marquis de Bonchamps
Robert de Boron
Antoine de Bourbon
Jean Ier duc de Bourbon
Sixte Henri de Bourbon-Parme
Christine Boutin
Martin Bucer

C

Yves Calvi
Jean Calvin
Lazare Nicolas Marguerite Carnot
Jean-Baptiste Carrier
Henri de Cathelineau
Le comte de Chambord
Charlemagne
Charles Ier de Sicile
Charles V (France)
Charles VI (France)
Charles VII (France)
Charles VIII (France)
Charles IX (France)
Charles X
Charles Quint
Laurent Charrier
Pierre Chaunu
Childéric Ier
Chrétien de Troyes
Jésus Christ
Christian Clavier
Clovis
Jean-Baptiste Colbert
Charles Colbert de Croissy
Odet de Coligny, cardinal de Chatillon
Philippe de Commines
Alexis Ier Comnène
Anne Comnène
Sofia Coppola

D

Dagobert Ier
Diam's
Guillaume Des Autels
Philippe de Dreux, évêque de Beauvais
Carl Theodor Dreyer
Joachim Du Bellay
Georges Duby

E

Ève

F

François Ier
François II (France)

G

Gabriel, ange
Charles de Gaulle
Alain Gérard
Guillaume le Conquérant
François de Guise

H

Henri II (France)
Henri III (France)
Henri IV (France)
Henri V (France) : voir le comte de Chambord
Henri VIII
Adolf Hitler
Thomas Hobbes

I

Les Inconnus

J

Jeanne d'Arc
Maurice de Junquières

L

Lafont d'Aussonne
Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse
Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein
Jean-Marie Le Pen
Evelyne Lever
Louis VII (France)
Louis IX
Louis XI
Louis XII
Louis XIII
Louis XIV
Louis XV
Louis XVI
Louis XVII
Louis XVIII
Louis-Philippe
Charles cardinal de Lorraine
Martin Luther

M

Marguerite de France
Marie-Antoinette
Jean Markale
Clément Marot
Jules Mazarin
Dmitri Medvedev
Jean Meyer
Adhémar de Monteil, évêque du Puy
Anne de Montmorency
Nadine Morano

N

Napoléon
Napoléon III
Éric Naulleau
Jacques Necker
Nostradamus (Michel de Nostredame)

O

Charles d'Orléans

P

Philippe Auguste
Philippe V (Espagne)
Philippe Pichot-Bravard
Diane de Poitiers

Q

Pasquier Quesnel

R

François Rabelais
Jean Reno
Richard Cœur de Lion
Albert de Ripa
Antoine de Rivarol
Maximilien de Robespierre
Abbé Pierre-Marie Robin
Louis de Ronsard
Pierre de Ronsard
Michel Rouche
Jean-Jacques Rousseau
Bruno Roy Henry

S

Henry de Saint-Léon
Saladin
Hugues Salel
Mgr Michel Santier
Saint Louis : voir Louis IX
Nicolas Sarkozy
Satan
Reynald Secher
Marie Ire Stuart

T

Sainte Thaïs
Abbé Alexandre Ténèbre
Anne Robert Jacques Turgot, baron de l'Aulne
Louis Marie Turreau

V

Vierge Marie
Mathieu Guillaume Thérèse Villenave
Philippe de Villiers

Z

Éric Zemmour
Ulrich Zwingli


Liens du trône et de l'autel


Liens partenaires


1. Liens partenaires royalistes et légitimistes

Le Fleur de Lys too (langue anglaise)
Le Légitimiste
Légitimistes de Lorraine

2. Liens partenaires royalistes, œcuméniques et/ou orléanistes

Le Renouveau Monarchiste
Lorraine-Royaliste
Royal-Artillerie

3. Liens partenaires réactionnaires, traditionalistes ou nationalistes

Ab Imo Pectore
Diex Aïe
Et Lux in Tenebris Lucet! (langue anglaise)
Instinct De Survie
La voix dans le désert

4. Annuaires où ce blog figure

Annuaires royalistes ou réactionnaires


Annuaires généraux



Liens légitimistes et historiques


Liens légitimistes

Association Royaliste et Légitimiste de Vendée
Cercle Henri IV
Institut de la Maison de Bourbon (officiel)
La Légitimité
Le Légitimiste
Légitimistes de Lorraine
Monarchie française (officiel)
Saxe-Hussards
Union des Cercles Légitimistes de France (officiel)
Vive le Roy (officiel)


Liens historiques et/ou associatifs

Association Louis XVI
Centre vendéen de recherches historiques
Institut des Sciences Historiques
Le Comte de Chambord
Le génocide vendéen
Les Guerres de Vendée
Les Guillotinés de la Révolution française
Le Souvenir Vendéen
Louis XVII - Roi, enfant et martyr
Mémorial de France à Saint-Denys


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