jeudi 23 février 2017 | By: Mickaelus

Louis de Bourbon, duc d'Anjou : de la sépulture du roi Charles X

Secrétariat de Monseigneur le Duc d'Anjou


Déclaration sur la sépulture du Roi Charles X


J’ai souhaité solenniser le 180e anniversaire de la mort du Roi Charles X, mort à Gorizia, le 6 novembre 1836, en venant me recueillir sur son tombeau.

Le dernier roi légitime de France est mort en exil et il repose dans le Couvent des Franciscains de la Castagnavizza en Slovénie dans lequel une crypte a été aménagée pour recevoir la dépouille des Bourbons accueillis dans ce qui était alors un territoire de l’Empire Austro-Hongrois.

A plusieurs reprises a été soulevée la question d’un éventuel transfert de la royale dépouille en France pour être placée dans la nécropole de Saint-Denis où reposent presque tous les rois. Mon père, lui-même, le Prince Alphonse duc d’Anjou et de Cadix, en venant à Gorizia-Nova Gorica en 1986, avait pu l’évoquer et il s’était rapproché des différentes autorités religieuses et politiques. Le contexte était alors très différent puisque le rideau de fer d’alors faisait qu’à l’exil s’ajoutaient des difficultés de déplacement dans ce qui était la Yougoslavie. Avec 1989 un double changement est intervenu. Tout d’abord par le décès de mon père, je me trouvais nouveau Chef de la Maison de Bourbon étant âgé à peine de 15 ans. La question Charles X ne pouvait pas être dans les premières que j’avais à résoudre. Ensuite la chute du mur de Berlin puis l’indépendance de la Slovénie, précédant son entrée dans la Communauté européenne, étaient autant d’évènements qui modifiaient la donne politique. Il n’était dès lors plus question de transfert des dépouilles des Bourbons puisqu’elles étaient accessibles par tous ceux qui voulaient venir s’y recueillir.

Il y a quelques temps des initiatives privées, associatives, animées sans doute par de louables sentiments, ont ré-ouvert le débat. Initiatives extérieures à la famille de Bourbon même si certains membres ont été approchés et ont parfois montré leur intérêt individuel. Sollicité, comme aîné et chef de la Maison de Bourbon, et donc premier à pouvoir m’engager, j’étais resté sur une prudente réserve. Il me semblait, en effet, que l’ensemble des questions que pouvait soulever un tel transfert n’était pas vraiment étudié. Il y avait notamment deux grands absents : le Couvent des Franciscains qui depuis cent quatre-vingt ans garde et protège les dépouilles des Bourbons et d’autre part les Villes de Nova Gorica et de Gorizia qui, depuis la même époque, sont fidèles à cette page où leur histoire et celle de la France ont été confondues. La moindre des choses est toujours de rencontrer toutes les parties. Mon voyage est l’occasion de telles rencontres.

Ainsi, bien évidemment, sans préjuger de l‘avenir qui ne nous appartient pas et de circonstances extérieures, actuellement trois arguments vont à l’encontre d’un retour des cendres de Charles X en France :

  • Un argument historique. Charles X est mort en exil en 1836 et le Gouvernement alors en place n’a pas cherché à faire revenir sa dépouille, préférant faire revenir celle de l’empereur Napoléon 1er, en décembre 1840… Ce transfert ne pourrait, en effet, avoir qu’un objectif de réconciliation. Un retour sans ce mobile n’a pas vraiment de sens. Le rapatriement du corps d’un souverain est un acte national, non celui de quelques nostalgiques. Ajoutons que le retour d’un souverain est, par nature, un acte public qui doit engager le pays au plus haut niveau. La dépouille doit être accompagnée par les armées, le gouvernement en place doit être présent, etc... Seul l’État peut en décider.
  • Un argument factuel : la crypte des Bourbons telle qu’elle existe actuellement dans le Couvent de la Castagnavizza n’est pas une sépulture du hasard, même si à l’origine il n’y avait pas de plan clairement défini et si le roi a été déposé dans un caveau déjà existant mis à disposition par une famille princière locale. La volonté d’avoir un lieu de sépulture spécifique et surtout pérenne a été manifestée par le comte de Chambord, chef de la Maison de Bourbon. Il a souhaité organiser les sépultures de ses proches déjà décédés ainsi que de lui-même et de son épouse. Une crypte a été aménagée à sa demande expresse au début des années 1880 pour recevoir les cercueils. L’emplacement a été spécialement choisi sous le chœur de la chapelle. Cela traduit le souhait d’avoir un second lieu de sépulture officiel autre que Saint-Denis pour marquer l’exil. La restauration de la royauté en France n’étant pas à l’ordre du jour, le retour des cendres ne peut pas l’être non plus puisque la monarchie est toujours dans une sorte d’exil. La question n’est donc pas actuelle et admettre le retour serait admettre la fin de l’espoir en une Restauration. Mais elle demeure une question familiale qui est du ressort du Chef de Maison.
  • Un argument d’opportunité. À une époque où l’Europe cherche un second souffle, il faut maintenir les symboles forts qui forgent son unité et son identité. Les nécropoles royales en font partie et, en ce sens, la Castagnavizza a toute sa place dans le « réseau » constitué de Westminster, l’Escorial, les Capucins à Wien, et bien évidemment Saint-Denis. À cela s’ajoute le rôle culturel d’une telle nécropole qui renforce les liens entre la France et la Slovénie.


Ainsi compte tenu de tous ces éléments, il ne parait pas souhaitable d’envisager actuellement un quelconque transfert d’un ou plusieurs cercueils reposant dans le couvent des Franciscains de Novo-Gorica.

Que saint Louis et saint François veillent sur les Bourbons.


Fait à Nova-Gorica-Gorizia le 19 février 2017

Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou


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Visite de Monseigneur le Prince Louis de Bourbon 
au Couvent de la Castagnavizza 
Dimanche 19 février 2017


Mon Père,

C’est une grande émotion pour moi de pouvoir me rendre au couvent de la Castagnavizza, en cette année où est commémoré le 180ème anniversaire de la mort du Roi Charles X, dans la ville de Gorizia. Émotion d’avoir pu assister à la messe dans cette chapelle dans laquelle la mémoire des Bourbons est si souvent évoquée.

Depuis près de deux siècles votre couvent est le gardien fidèle de cette dépouille royale qui fut au cours des années rejointes par celles des autres princes et princesses Bourbons morts en exil.

Cette crypte aménagée il y a un peu plus de cent ans reçoit régulièrement la visite de nombreux pèlerins venus de France et d’ailleurs. Chaque fois vous consacrez du temps pour les accueillir en remplissant ce devoir sacré qui est dû aux morts et à leur souvenir. Pour cela, comme Chef de Maison, je vous dis, un grand merci.

Ces remerciements s’adressent à toute votre communauté des moines Franciscains. En France les Franciscains sont très appréciés et nous savons l’importance de leur action depuis leur implantation dans le royaume des Lys sous le règne du Roi Saint Louis.

La crypte de la Castagnavizza est un des lieux importants de notre famille. Il y a une dizaine d’années l’Institut de la Maison de Bourbon avait contribué à d’urgents travaux d’entretien que le temps avaient rendu nécessaires. Ma présence ici, aujourd’hui, souligne l’intérêt porté par ma famille à cette seconde nécropole royale des Bourbons.

Que les Bourbons demeurent encore longtemps sous votre bonne garde et vos prières.

Prince Louis de Bourbon, duc d’Anjou


Source : page "la Mémoire" du site de l'Institut de la Maison de Bourbon
mercredi 25 janvier 2017 | By: Mickaelus

Louis de Bourbon, duc d’Anjou : vœux aux Français, bilan de 2016 et espérances pour 2017


Je vous propose également une transcription écrite de l'allocution vidéo dont le duc d'Anjou nous a honoré cette année, et que les royalistes légitimistes et tous les amis de la monarchie et de la France reçoivent avec gratitude - que saint Louis assiste et protège également le prince comme sa famille !



"En ce début d’année 2017, je tiens à adresser mes vœux à tous les Français. Dans l’époque troublée que nous vivons, dans laquelle nous avons parfois des doutes et des inquiétudes, je voudrais qu’elle apporte aux uns et aux autres des joies nombreuses, petites et grandes, et plus collectivement, qu’elle redonne à la France volonté et fierté.

2016 a été une année difficile. Nombre d’entre vous ont eu à subir des maux divers plus ou moins graves. La situation sociale et économique n’est pas bonne, et le nombre des pauvres et des exclus, des sans-abris, a augmenté. La situation politique n’est guère brillante car elle n’est plus inspirée par un grand dessein. Les projets manquent à notre pays, projets capables de souder un peuple vers des horizons partagés. Un ennemi insidieux et brutal, qui se cache sous des aspects religieux, bouscule nos institutions, rompt avec nos traditions ancestrales et apporte son lot de victimes innocentes.

Oui, 2016 n’a pas été une bonne année. Ainsi je forme des vœux pour qu’en 2017, la France retrouve confiance en elle et en sa vocation de toujours : celle de modèle et d’exemple pour les autres nations, ce qu’elle a été durant des siècles. Ne fut-elle pas le premier pays à avoir fait du bien commun et de la justice les fondements de l’action publique ? Combien de pays malmenés actuellement – pensons au Moyen-Orient – aimeraient retrouver cela ? Combien voudraient que l’homme ne soit pas le jouet des appareils ou de pouvoirs brutaux ?

Sous l’Ancien Régime et encore bien des années après, devenir français était recherché, car c’était intégrer le pays des libertés et du droit. Mais pour ce faire, la France a besoin de se retrouver elle-même, de retrouver ses racines. Pour pouvoir lutter et résister aux maux qui l’assaillent, elle doit d’abord soigner ses plaies morales. Pour affronter tous ses ennemis ou ses difficultés, notre pays doit redevenir fier de lui, de son passé, de ce qu’il a apporté aux autres. Il est temps que se terminent les introspections et les repentances. Elles n’ont pas beaucoup de sens dans un pays qui a donné tant de saints, dans un pays qui est toujours admiré et souvent imité.

Ainsi, pour 2017, je souhaite que la France renoue avec sa tradition qui lui a toujours fait regarder plutôt vers l’avenir que vers le passé. Pour la France, fille aînée de l’Église, pétrie du message à la fois divin et humaniste de l’Évangile, le Paradis est devant et non pas derrière. N’ayez pas peur, regardez devant. La France a beaucoup d’atouts pour affronter l’avenir, mais encore faut-il qu’elle en soit vraiment consciente et fière. Ce n’est pas seulement notre culture et notre mode de vie qui sont regardés depuis l’étranger. Au-delà de nos frontières, ce sont nos jeunes diplômés qui sont appréciés et enviés au point qu’actuellement on les retrouve sur les cinq continents. Ce sont nos armées, qui sont admirées en étant déployées partout où il faut faire triompher la paix, la sécurité et la justice entre les hommes. Ce sont nos entrepreneurs, qui continuent à innover. Ce sont nos œuvres caritatives, qui agissent partout où la détresse est présente. Il y a une France de la réussite : voilà celle qu’il faut encourager.

Je le fais d’autant plus volontiers, en ce début d’année, qu’elle est aussi la France des jeunes. Il y a un renouveau porté par toute la génération qui est entrée dans l’âge adulte avec le XXIe siècle. Ce sont eux qui forgent la société de demain. C’est à eux que j’adresse tout spécialement mes vœux, les plus chaleureux et les plus fervents. Ce sont eux qui bâtissent des familles unies et responsables, eux qui créent pour répondre aux enjeux présents, aussi bien des startups innovantes que des écoles, eux qui s’engagent pour la défense du pays, eux qui redonnent à la France l‘éclair qui a tant manqué pendant deux générations. Mes vœux vont vers tous ceux qui œuvrent pour l’avenir et qui s’engagent.

Ils s’adressent donc aussi tout spécialement aux familles. Depuis plusieurs années, elles ont été très malmenées : le mariage a été travesti ; les enfants deviennent des enjeux ; nos anciens, qui connaissent trop souvent déjà l’abandon, risquent de voir leurs derniers jours menacés, et je ne parle pas des difficultés de la vie quotidienne – se loger, trouver du travail, s’assurer de bonnes structures pour permettre aux enfants d’apprendre. Mais les familles françaises tiennent bon. Elles font preuve d’une grande capacité de résistance active. Elles ne se placent pas uniquement dans une attitude de refus, mais répondent par des projets innovants, qui bousculent les vieux cadres sociaux ou pédagogiques qu’on leur impose.

A tous ceux qui croient en demain, je voudrais que 2017 redonne des espérances et non des illusions. Pour cela j’appelle de mes vœux une France qui retrouve le sens de la vérité et du concret, et abandonne les idéaux trompeurs qui ne mènent qu’à des impasses. Je vois bien, à travers les déplacements que j’effectue en France, et les rencontres que je fais, qu’il y a une attente importante pour sortir d’une spirale négative qui n’est nullement une fatalité. J’aurai rempli mon devoir d’héritier et successeur légitime de la longue tradition des rois de France, si je peux contribuer à redonner confiance en l’avenir. Tels sont les vœux que je forme pour tous les Français, pour les familles et les jeunes, mais que je forme aussi pour tous ceux qui, de par le monde, attendent de la France qu’elle fasse mieux entendre sa voix dans le concert des nations.

Puisse saint Louis, modèle du souverain conscient de ses devoirs, aider la France à vivre une bonne année 2017."