jeudi 29 septembre 2011

1820 - Naissance de Henri V



Il est né, l'enfant du miracle,
Héritier du sang d'un martyr !
Il est né d'un tardif oracle,
Il est né d'un dernier soupir.
(Lamartine, Méditations poétiques.)


Le Christ, le Roi des cieux, aime toujours la France :
Il vient de mettre un terme à sa longue souffrance,
Et d'exaucer son vœu.
Il sait que ce pays, fidèle à sa devise,
Sur la terre est encor le soldat de l'Église
Et le bras droit de Dieu.

Un prince était tombé, sous le poignard du crime.
C'était un front sans tache, une noble victime,
Et le dernier Bourbon.
De cet arbre pourtant, coupé dans sa racine,
Le Seigneur tout-puissant fit, de sa main divine,
Pousser un rejeton.

A toi, salut ! salut ! enfant qui viens de naître,
Notre amour t'attendait, tu seras notre maître,
Tu régneras sur nous.
Oui, salut ! petit roi, c'est bien Dieu qui te donne,
C'est bien lui qui te met sur le front la couronne
De la France à genoux.

A nos cœurs, ta naissance apporte l'allégresse,
Et ce miracle vient dissiper la tristesse
De ton peuple chéri.
Au sein de la tempête, au milieu de l'orage,
Ton nom, c'est le soleil qui chasse le nuage.
Salut ! salut, Henri !

Oh ! grandis vite, enfant, nous avons l'espérance
Que de tous nos amours tu prendras la défense,
Toi, l'envoyé du ciel,
Toi, venu dans le jour où l'ange plein de gloire
Sur le roi des enfers remporta la victoire,
Au jour de saint Michel.

Grandis vite, et, s'il faut tout le sang de nos veines,
Roi, tu peux appeler les troupes vendéennes,
Pour conserver tes lis.
Sois certain qu'à ta voix nos cœurs sauront se rendre,
Que nos bras seront là levés pour te défendre,
Comme le roi Louis.

Grandis vite, et que Dieu mette dans ta poitrine
Du mâle dévouement l'étincelle divine ;
Henri, rappelle-toi
Que pour régner, surtout dans le siècle où nous sommes,
Pour relever la France et conduire les hommes,
Il faut être un saint roi !


Dom Joseph Roux, Souvenirs du bocage vendéen (1898)


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