mardi 8 juillet 2008

Le drapeau de la France



De nos jours il peut sembler que le drapeau bleu blanc rouge a toujours été celui de la France, alors que même parmi des partis de droite dure comme le MPF, le MNR ou le FN il est un symbole de patriotisme incontestable, au même titre que la Marseillaise. Pourtant, on ne peut d'un point de vue royaliste se satisfaire d'un patriotisme d'opérette non réfléchi, car il s'agit de servir la France et sa vraie tradition, et non pas une façade symbolique dont on n'interrogerait pas le sens profond. Et quel sens profond en effet si on y regarde d'un tout petit peu plus près ! Il est bien évident que ce drapeau, loin d'être celui de la France, est celui de la république et des valeurs qui ont présidé à sa création. Il est anti-traditionnel car il a été imposé par la force et la terreur à la monarchie, comme quand on a forcé Louis XVI à se coiffer du bonnet phrygien ; la cocarde tricolore est dès sa fondation le symbole de la haine de la tradition française - d'où le terrible contresens, malheureusement habituel, de la prétendue réaction républicaine des partis précités.


Pourtant, alors que les Vendéens et les Chouans se sont battus pour le drapeau blanc des Bourbons, d'autres royalistes n'ont pas attendu longtemps pour trahir. Continuant l'usurpation de Bonaparte, Louis-Philippe a arboré les couleurs tricolores avec La Fayette à l'Hôtel de ville de Paris après avoir trahi Charles X. Tous les royalistes qui acceptent ces couleurs tricolores sont gens qui acceptent du même coup la Révolution et sont traîtres à la cause qu'ils prétendent défendre ; ceux qui ne se prononcent pas par pragmatisme sont des lâches. Aujourd'hui on nous affirme que le drapeau est trop bien installé : foutaises, quand on s'est débarrassé si facilement du franc et que lors de toutes les apparitions officielles, il apparaît à égalité avec le drapeau européen qui attend son heure pour l'éclipser. N'oublions donc pas que le royaliste français sert les lys et le drapeau blanc, jamais les trois couleurs du mensonge et de la Terreur. Lisons donc ce témoignage du comte de Chambord qui a su refuser la trahison pour conserver tout son honneur à la Maison de France :

FRANÇAIS !

Je suis prêt à tout pour aider mon pays à se relever de ses ruines et à reprendre son rang dans le monde. Le seul sacrifice que je ne puisse lui faire est celui de mon honneur. Je suis et je veux être de mon temps, je rends un sincère hommage à toutes ses grandeurs, et quelle que fut la couleur du drapeau sous lequel marchaient nos soldats, j’ai admiré leur héroïsme, et rendu grâce à Dieu de tout ce que leur bravoure ajoutait aux trésor des gloires de la France. Entre vous et moi, il ne doit subsister ni malentendu, ni arrière-pensée. Non, je ne laisserai pas, parce que l’ignorance ou la crédulité auront parlé de privilèges, d’absolutisme, ou d’intolérance, que sais-je encore? de dîme, de droits féodaux fantômes, que la plus audacieuse mauvaise foi essaie de ressusciter à vos yeux, je ne laisserai pas arracher de mes mains l’étendard d’Henri IV, de François 1er et de Jeanne d’Arc. C’est avec lui que vos pères, conduits par les miens, ont conquis cette Alsace et cette Lorraine dont la fidélité sera la consolation dans nos malheurs. Il a vaincu la barbarie sur cette terre d’Afrique, témoin des premiers faits d’armes des princes de ma famille. C’est lui qui vaincra la barbarie nouvelle dont le monde est menacé. Je le confierai sans crainte à la vigilance de notre armée : il n’a jamais suivi, elle le sait, que les chemins de l’honneur. Je l’ai reçu comme un dépôt sacré du vieux Roi mon aïeul, mourant en exil. Il a toujours été pour moi inséparable du souvenir de la patrie absente, il a flotté sur mon berceau et je veux qu’il ombrage ma tombe.

Dans les plis glorieux de cet étendard sans tache, je vous apporterai l’Ordre et la Liberté.

Henri V ne peut abandonner le drapeau blanc d’Henri IV.

Chambord, 5 Juillet 1871

Henri.

Lire aussi :
Le drapeau blanc, par Henry de Saint-Léon (histoire)
Henri V, sa vie et ses principaux écrits, par un partisan du droit national (1874) (histoire)
Le drapeau blanc (littérature)
L'étendard des lis (littérature)

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Tout a fait d'accord avec le message ci-contre dénonçant l'adoption du draprau tricolore par des royalistes.
Mais pourquoi imposer le drapeau que des Français ont brulés.
Pourquoi ne pas proposer le drapeau
"Bleu orné des trois fleurs de lys"
Ce drapeau, pour moi, est le plus ancien symbole de la France et tous les Français le respectaient..
Vous allez me trouver nostalgique?
Je ne crois pas, mais patriote sûrement! Cordialement D.H

Mickaelus a dit…

On peut effectivement imaginer que le roi légitime, une fois restauré et assis sur le trône de ses aïeux, décide en pleine souveraineté de choisir le drapeau que vous proposez - d'autres penseraient à l'oriflamme, etc. Je ne vois pas en quoi ce serait nécessaire, mais c'est une possibilité.

Cependant, pour le temps présent que nous sommes réduits bon gré mal gré d'habiter, nous avons pour devoir, en tant que Français et donc royalistes légitimistes, de défendre l'héritage que nous ont légué les derniers rois de France légitimes, c'est-à-dire Louis XVIII et Charles X. Ce sont les derniers chefs d'État à avoir disposé d'une légitimité incontestable, et c'est le drapeau blanc qui était alors celui de la France. Il doit donc être promu aujourd'hui par les légitimistes, par respect de l'Autorité souveraine, aujourd'hui vacante.

La compétence de s'exprimer sur un éventuel changement de drapeau, après la fin de la monarchie française en 1830, ne pourrait être que celle du roi légitime restauré.

reg a dit…

La bannière de combat est rouge les premiers capétiens vont la chercher à St Denis... Où est la tradition quand elle change en fonction du régiment...

Mickaelus a dit…

C'est plus la question de la légitimité que de la tradition ou de l'état le plus antérieur possible qui se pose. Le problème n'est pas de savoir ce qui aurait pu être, si d'autres étendards ont existé ponctuellement pour la France, ses souverains et ses armées, le problème est de s'inscrire dans la légitimité de la tradition française, dont le dernier état légal disparaît en 1830, et en 1830, Charles X avait encore le drapeau blanc.