jeudi 29 septembre 2011 | By: Mickaelus

Ce que fit la Vendée


Mundus salus et gloria.
« Elle a été la gloire et le salut du monde. »
(Liturgie.)


La Révolution voulait boire du sang...
Elle rompit sa chaîne... Elle allait, mugissant,
Comme un fleuve grossi par les eaux d'un orage,
De ses flots destructeurs brisant tout avec rage,
Emportant à la fois et le trône et l'autel,
Faisant trembler la terre et menaçant le ciel...
On voyait entraîner et rouler, à la file,
Vieilles lois, vieilles mœurs, sceptres, croix, Évangile.
Amour de la patrie, amour des temps anciens,
Honneur, vertus, foyers, les vieux dogmes chrétiens...
Après avoir ainsi détruit dans notre France,
Dans les âmes, la foi, dans les cœurs, l'espérance,
Ce fleuve débordé, voulant aller plus loin,
De renverser encor ressentant le besoin,
De son cours infernal brisa toutes barrières,
Et sa noire fureur roula jusqu'aux frontières...
L'Église gémissait... et l'Europe trembla.

Un petit peuple alors s'écria : Halte-là !!!
Et devant le torrent, l'héroïque Vendée,
Toute seule debout, sur sa sublime idée,
Pour digue amoncela sa bouillante valeur,
Son courage et sa foi, tout l'amour de son cœur ;
Elle jeta son sang, ses larmes, ses victimes,
Devant les flots fougueux de ce fleuve de crimes ;
Puis elle dit au fleuve, en poussant des soupirs :
Je couche devant toi six cent mille martyrs,
Arrête-toi, torrent !... A cette voix puissante,
Le torrent suspendit sa course frémissante.
Ses flots contrariés firent un grand fracas,
Mais par-dessus la digue ils ne passèrent pas...

La Vendée en mourant avait, par sa vaillance,
Sauvé l'Europe entière... et l'Église... et la France !!!


Dom Joseph Roux, Souvenirs du bocage vendéen (1898)